Archives mensuelles : septembre 2011

Monnaie de singe

Un pour le prix de deux

Le système américain est devenu fou…

Alors que la dette américaine s’alourdit chaque jour un peu plus à bientôt 15 milliards e dollars (http://www.usdebtclock.org/), Barack Obama et son surintendant Geitner craignent quant à eux un défaut de paiement généralisé dans… la zone euro. La meilleure défense est l’attaque, comme on dit. Obama a ainsi déclaré, lundi 26 septembre lors d’un forum organisé par le réseau social LinkedIn (petite pub au passage pour les parasites de la bulle internet), que les Européens « ne se sont pas complètement remis de la crise de 2007, et ne se sont jamais vraiment occupés des difficultés auxquelles leurs banques faisaient face. Cela se conjugue à ce qui se passe en Grèce. Donc ils traversent une crise financière qui fait peur au monde ». La crise de 2007, où est-elle apparue, vous vous souvenez? C’est bien des subprimes américains qu’il s’agit, des milliards d’actifs pourris perdus par les spéculateurs sur le marché immobilier américain. Et si le nombre de homeless n’a cessé de croître, cela n’a pas empêché la maison blanche de renflouer les avoirs des banques, à grands coups de mesures d’État (là ils ne crachent pas dessus les libéraux), mais aussi de nouveaux coups tordus sur les marchés financiers. Ainsi une grande partie des problèmes de l’Europe, Grèce en tête, vient de ses investissements en pure perte chez les escocs de Wall Street, genre Goldman Sachs. Aux Européens d’être moins crédules après tout. Or que nous dit mister Barack? Remboursez-nous ce que nous vous devons! Pas vite gêné le mec! Car dans ce jeu malsain où tout le monde doit à tout le monde, il y a tout de même quelques petites différences.

…et demande l’asile économique

Pendant que les agences de notation (américaines) dégradent la note italienne, la Chine, mais aussi le Japon, deuxième débiteur des USA, s’impatientent. Et dans cette guerre mondiale de velours, les Asiatiques ont tout intérêt à défendre l’euro comme monnaie de réserve. Car que faire de leurs malheureux dollars s’ils ne peuvent même plus les échanger sur le marché des devises? Par ailleurs le risque de faillite, partiel ou généralisé, auquel est exposé la Grèce, n’est pas le scénario catastrophe qu’on a voulu nous vendre. La dette grecque représente à peine 3% de l’ensemble de la dette européenne. Ce n’est pas rien mais ce n’est pas insurmontable. Et ce n’est pas nouveau non plus. Au cours de l’histoire, la faillite des États a été un phénomène récurrent. Dès son indépendance en 1830, la Grèce sera en défaut de paiement chronique, mais réussira de façon tout aussi chronique à rembourser ses dettes. La France a elle aussi connu plusieurs faillites, culminant par celle des assignats lors du chaos révolutionnaire de 1789.  Quant aux États-Unis, le phénomène est loin de leur être inconnu: en 1779, défaut Continental sur sa première émission de monnaie ; en 1862, défaut Greenback durant la guerre civile; en 1934, défaut Liberty Bonds, ces bons émis en 1917 pour financer l’entrée des États-Unis dans la première guerre mondiale; et jusqu’en 1979, lors du défaut lié au premier choc pétrolier. Certes une nouvelle faillite de ce pays aurait des conséquences catastrophiques sur l’économie mondiale, mais cela permettrait aussi de rebattre les cartes et de rendre aux Etats-Unis un rang qui les représenterait mieux aujourd’hui: celui de puissance régionale.  La faillite est donc un scénario désagréable mais pas inenvisageable. S’agissant d’une économie de l’échelle de la Grèce. Mais au fait, où en est la dette américaine à cette heure-ci?

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« America, America » (Elia Kazan)

“Come on you ! Let’s go you ! People are waiting !”

Un petit bonjour vite fait bien fait à vous tous qui ne me lisez pas. Je peux donc tout écrire. Bon aujourd’hui j’aurai pas le temps, une atutre fois non plus d’ailleurs, alors j’écris juste quelques mots sur la réunion de Wroclaw.

Ca sent la foire d’empoigne

Entre Timothy Geithner, dépêché en Pologne par les vautours de Wall Street, et les libéraux (carrément!) européens, on ne se comprend plus. François Baroin lui fait bien la courebette mais Wolfgang Schaüble ne s’est même pas levé pour le saluer, Jean-Claude juncker a rappelé les différences entre les deux côtés de l’océan et Didier Reynders l’a carrément insulté; quant à Evangelos Venizelos, la brochette de bouc émissaire, il ne savait plus où cacher ses kilos. Last but not least,  mercredi 14 septembre, le Polonais Jacek Rostowski, avait mis l’ambiance en prélude au Parlement européen endormi.

« Une guerre ! Mesdames, messieurs »

Extrait: « Si la zone euro se fissure, l’Union européenne ne sera pas capable de survivre, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer ». Il a ensuite conté comment une vieille connaissance, (Timothitch Geithneroski?) rencontrée par hasard dans un aéroport (il fait bien les choses quand même), lui a fait part de sa crainte d’une guerre dans la décennie. « Une guerre ! Mesdames, messieurs ce sont les termes qu’il a employés ». Et hop ! La troisième guerre mondiale, démarrant encore en Europe, cette fois sur un fond de sirtaki. Il y va à la truelle le plombier en chef. Sur quoi Jacek embraie que son interlocuteur avait « bien l’intention de demander la carte verte pour ses enfants pour les États-Unis ». America, America… Croit-il vraiment que ça ira mieux là-bas? Voici, pour finir ma contribution du jour au savoir universel, la réaction de Timothy sur la question:

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Greece no point

Le représentant finlandais de la BCE à Athènes

Téléconférence en Euro-vision !

Mercredi 14 septembre, discussion téléphonique entre Evangela Merkel et Georges Papandreopoulos.

On a annoncé la France dans ce ménage téléphonique à Troie. Intox: le maréchal Rakosi était en mini trip à Tobrouk.

Et voici l’intégralité de ce dialogue confidentiel, sans Google translate (j’ai déjà assez de mal comme ça avec personne qui ne lit le blog le plus intéressant du monde, quoiqu’un des plus irréguliers, je me le concède).

-Evangela:  « Alors Yorgos, tu paies ? »

-Georges: « Je veux bien vous rembourser fraulein, mais vous n’avez pas encore fini de me prêter ce que vous me devez ! »

-E: « Fais gaffe mein griechisch moustasch, mein patience a des limites ! »

-G: « Genre ? »

-E: « Du genre à vendre ton pays à l’encan à tous tes voisins, abruti ! Alors crache au bassinet ou ta Graisse elle va maigrir ! »

-G: « Kyria eleïson ! Mais vous les connaissez pas les Grecs ! Quand ils se planquent pas dans leur coin ils se prennent tous pour Léonidas ! Ca va être la révolte ! La révolution ! L’automne grec ! »

-E: « Pour ça kein problem, j’envoie les avions de l’Otan qui sont en Crète, maintenant qu’ils ont fini avec la Libye, et ils transforment la Plaka en moussaka. »

-G: « Bon, vraiment s’il le faut alors, et pas de dommages collatéraux sur l’Acropole, c’est tout de même le berceau de la démocratie… »

-E: « ACH LA RAMENE PAS AVEC TON ETERNEL COUPLET ! Marre à la fin ! Des chiffres et pas des lettres ! Alors voilà: je te prête encore un dernier milliard, mais à du 88. Pour cent. »

-G: « On a trouvé un arrangement, je savais qu’on y arriverait. Je te rembourse donc à du 300. Euros. »

La conversation s’est brutalement interrompue sans qu’on sache si c’était Evangela qui raccrochait dans la führer ou si c’était Georges qui n’avait plus une drachme à mettre dans la fente de la dernière cabine publique du téléphone privé hellénique.

Les sherpas ont alors pris le relais qui tourna cependant court comme le montre cette étonnante image américaine (comme au cinéma dis donc):

Aux dernières nouvelles, tancés par Timothy Geithner pour leur politique monétaire (sans blague ! il n’a jamais balayé devant sa porte celui-là), les ministres des finances européens se sont lancés ce vendredi 16 dans le drang nach osten en mettant les Grecs aux pieds du mur de Varsovie. Une réunion, une de plus comme on dit, qui devrait finir en eau de boudin. Pas d’eau de Cologne en Pologne. Allez je me laisse, il est temps de boire une vodka. L’ouzo est mal vu ces temps-ci…

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BHL-Assad

Mirci al Fransa !

« Jamais deux sans trois »

Guerre contre le terrorisme en Afghanistan, bombardement humanitaire en Libye, la France sarkozyenne se sent pousser des ailes à bord de ses Mirages survolant les déserts, et entend bien remettre ça en Syrie.

Depuis juillet, le philosophe un tiers mondiste deux tiers mondain Bernard-Henri Lévy (« L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre » comme annonce belliqueusement son site) rêve d’en découdre avec Bachar El-Assad. Le raïs syrien n’a certes rien à envier à son ex homologue libyen en matière de supplices-délices, kadaïfis d’opposants, baklavas de manifestants et loukoums de dissidents à la carte des pâtisseries orientales. Rien de neuf sous le soleil de Méditerranée. Il faut donc croire qu’on attendait le soi-disant printemps arabe (merci Jacques Benoist-Méchin) pour déguster l’été otanien, car ça fait tout de même quelques années qu’ils sont aux manettes, ces dictateurs. Et leurs collègues de la péninsule arabique ? Vous l’aurez remarqué, BHL et consorts en parlent… peu ou prou pas du tout. La crise, toujours elle, pointe le bout de son nez et s’en va renifler les barils de pétrole et les gisements gaziers (bonjour l’odeur) de régimes longtemps honnis et que l’Occident  s’accaparer une fois pour toutes, sur le modèle de la mère de toutes les batailles, la guerre d’Irak. Avec quelles conséquences ? Pour l’heure on assiste à une trêve doublement intéressée entre occidentaux et frères musulmans, entre g.i.’s et Al Qaïda, entre mercenaires et talibans. Le conflit libyen a été le parangon de cette tactique. Mettons les islamistes au pouvoir en nous étant entendus au préalable avec eux sur le gaz-pillage des ressources fossiles de leurs pays. De quoi fêter la décennie du onze septembre en beauté. En arriver là en dit long sur le besoin urgent de s’assurer des ressources vitales dont la raréfaction se fait déjà sentir, sans pour autant que l’on assiste à un usage plus équilibré des hydrocarbures.

Mais revenons à notre mouton carnivore… Le bouc émissionnaire… L’entarté entarteur… BHL… Ses qualités philosophiques constituant en elles-mêmes une plaisanterie (les curieux iront voir sur Wikipédia et s’attarderont sur un certain Jean-Baptiste Botul), intéressons-nous un instant à l’itinéraire combattant de ce Malraux d’opérette. On le retrouve sur presque tous les coups fourrés de l’OTAN et de ses sous-fifres depuis quarante ans, ce qui en soi constitue un exploit.

Dès 1971 le petit Bernard-Henri est au Bangladesh sans ses parents, premier fait d’armes, alors témoin de la guerre de libération contre le Pakistan. Il en tirera son premier livre « Bangla-Desh, Nationalisme dans la révolution », sorte de thèse maoïste pour globe-trotter en devenir. Car comme il se doit, l’itinéraire intellectuel du fougueux jeune homme va changer d’aspect.

1981: l’U.R.S.S. a envahi l’Afghanistan depuis un an et James Bund se rend au Pakistan pour offrir des postes de radios aux moudjahidins. L’histoire ne nous dit pas s’ils ont atterrri entre les mains de Ben Laden. Toujours est-il que par la suite, BHL glosera à l’envi sur son « ami » le commandant Massoud. Qu’il n’a rencontré qu’une seule et brève fois en 1998…

En 1992 on le retrouve en Bosnie, aux côtés des moudjahidins encore, et convainc Mitterrand d’aller soutenir la population de Sarajevo. Louable initiative qui débouchera sur l’apparition du premier état musulman en Europe depuis la fin de l’empire ottoman… Lévy en tirera quant à lui l’inénarrable navet balkanique Bosna !, visible intégralement sur Youtube, si le coeur vous en dit.

En 2008, BHL est cette fois en Géorgie pour soutenir, une fois n’est pas coutume, des chrétiens, en conflit avec… leur grand frère russe orthodoxe. Son récit paru le 19 août dans Le Monde abonde en affabulations, comme le dénoncera le site Rue89.

En 2009, suite au bombardement de Gaza par l’armée israélienne, il se rend en Israël, prend fait et cause pour cette opération, et appelle la bande de Gaza « une base militaire avancée ».

En 2010, il défend à nouveau l’armée israélienne et accable la Turquie pour l’attaque contre la flottille d’aide humanitaire en faveur de Gaza.

Enfin en 2011, guerre en Libye, à l’occasion de laquelle il a pratiquement trusté le poste de ministre des affaires étrangères à Alain Juppé, agrémentant ses voyages de soutien aux rebelles islamistes par de nombreuses envolées militaro-lyriques. Pas à une contradiction près le Clausewitz de Saint Germain des Prés.

L’avenir immédiat, c’est donc la Syrie, il l’a clairement dit dans le Nouvel Observateur du 18 mai (impossible d’insérer le lien via WordPress, merci de coller l’adresse dans votre barre de navigation):

http://www.bernard-henri-levy.com/apres-kadhafi-assad-entretien-avec-m-f-etchegoin-nouvel-observateur-18-mai-2011-18976.html

Quand ? Comment ? On ne sait pas encore. Mais pour sa part, Alain Juppé est pressé de remettre le couvert. En visite le 7 septembre à Moscou, il a indiqué aux autorités russes qu’il faut condamner la Syrie au Conseil de résolution de l’ONU pour crimes et atteintes aux droits de l’homme. La Russie pour sa part se prononce en faveur de dialogues entre pouvoir et opposition, dans le souci de ménager son allié syrien. Une visite sans réel impact diplomatique, mais révélatrice de la « feuille de route » humanitaro-coloniale de l’Elysée. A l’heure actuelle l’opération militaire n’est pas encore envisagée. Il s’agit au préalable de mettre la pression sur Bachar El-Assad, avec, ou sans (évidemment), l’appui de la Russie. Le voyage n’aura pas été inutile pour autant, la France ayant pour l’occasion vendu à la Russie quelques porte-hélicoptères français Mistral. « La corde pour les pendre », comme disait l’autre. Une lecture à conseiller à BHL.

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