BHL-Assad

Mirci al Fransa !

« Jamais deux sans trois »

Guerre contre le terrorisme en Afghanistan, bombardement humanitaire en Libye, la France sarkozyenne se sent pousser des ailes à bord de ses Mirages survolant les déserts, et entend bien remettre ça en Syrie.

Depuis juillet, le philosophe un tiers mondiste deux tiers mondain Bernard-Henri Lévy (« L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre » comme annonce belliqueusement son site) rêve d’en découdre avec Bachar El-Assad. Le raïs syrien n’a certes rien à envier à son ex homologue libyen en matière de supplices-délices, kadaïfis d’opposants, baklavas de manifestants et loukoums de dissidents à la carte des pâtisseries orientales. Rien de neuf sous le soleil de Méditerranée. Il faut donc croire qu’on attendait le soi-disant printemps arabe (merci Jacques Benoist-Méchin) pour déguster l’été otanien, car ça fait tout de même quelques années qu’ils sont aux manettes, ces dictateurs. Et leurs collègues de la péninsule arabique ? Vous l’aurez remarqué, BHL et consorts en parlent… peu ou prou pas du tout. La crise, toujours elle, pointe le bout de son nez et s’en va renifler les barils de pétrole et les gisements gaziers (bonjour l’odeur) de régimes longtemps honnis et que l’Occident  s’accaparer une fois pour toutes, sur le modèle de la mère de toutes les batailles, la guerre d’Irak. Avec quelles conséquences ? Pour l’heure on assiste à une trêve doublement intéressée entre occidentaux et frères musulmans, entre g.i.’s et Al Qaïda, entre mercenaires et talibans. Le conflit libyen a été le parangon de cette tactique. Mettons les islamistes au pouvoir en nous étant entendus au préalable avec eux sur le gaz-pillage des ressources fossiles de leurs pays. De quoi fêter la décennie du onze septembre en beauté. En arriver là en dit long sur le besoin urgent de s’assurer des ressources vitales dont la raréfaction se fait déjà sentir, sans pour autant que l’on assiste à un usage plus équilibré des hydrocarbures.

Mais revenons à notre mouton carnivore… Le bouc émissionnaire… L’entarté entarteur… BHL… Ses qualités philosophiques constituant en elles-mêmes une plaisanterie (les curieux iront voir sur Wikipédia et s’attarderont sur un certain Jean-Baptiste Botul), intéressons-nous un instant à l’itinéraire combattant de ce Malraux d’opérette. On le retrouve sur presque tous les coups fourrés de l’OTAN et de ses sous-fifres depuis quarante ans, ce qui en soi constitue un exploit.

Dès 1971 le petit Bernard-Henri est au Bangladesh sans ses parents, premier fait d’armes, alors témoin de la guerre de libération contre le Pakistan. Il en tirera son premier livre « Bangla-Desh, Nationalisme dans la révolution », sorte de thèse maoïste pour globe-trotter en devenir. Car comme il se doit, l’itinéraire intellectuel du fougueux jeune homme va changer d’aspect.

1981: l’U.R.S.S. a envahi l’Afghanistan depuis un an et James Bund se rend au Pakistan pour offrir des postes de radios aux moudjahidins. L’histoire ne nous dit pas s’ils ont atterrri entre les mains de Ben Laden. Toujours est-il que par la suite, BHL glosera à l’envi sur son « ami » le commandant Massoud. Qu’il n’a rencontré qu’une seule et brève fois en 1998…

En 1992 on le retrouve en Bosnie, aux côtés des moudjahidins encore, et convainc Mitterrand d’aller soutenir la population de Sarajevo. Louable initiative qui débouchera sur l’apparition du premier état musulman en Europe depuis la fin de l’empire ottoman… Lévy en tirera quant à lui l’inénarrable navet balkanique Bosna !, visible intégralement sur Youtube, si le coeur vous en dit.

En 2008, BHL est cette fois en Géorgie pour soutenir, une fois n’est pas coutume, des chrétiens, en conflit avec… leur grand frère russe orthodoxe. Son récit paru le 19 août dans Le Monde abonde en affabulations, comme le dénoncera le site Rue89.

En 2009, suite au bombardement de Gaza par l’armée israélienne, il se rend en Israël, prend fait et cause pour cette opération, et appelle la bande de Gaza « une base militaire avancée ».

En 2010, il défend à nouveau l’armée israélienne et accable la Turquie pour l’attaque contre la flottille d’aide humanitaire en faveur de Gaza.

Enfin en 2011, guerre en Libye, à l’occasion de laquelle il a pratiquement trusté le poste de ministre des affaires étrangères à Alain Juppé, agrémentant ses voyages de soutien aux rebelles islamistes par de nombreuses envolées militaro-lyriques. Pas à une contradiction près le Clausewitz de Saint Germain des Prés.

L’avenir immédiat, c’est donc la Syrie, il l’a clairement dit dans le Nouvel Observateur du 18 mai (impossible d’insérer le lien via WordPress, merci de coller l’adresse dans votre barre de navigation):

http://www.bernard-henri-levy.com/apres-kadhafi-assad-entretien-avec-m-f-etchegoin-nouvel-observateur-18-mai-2011-18976.html

Quand ? Comment ? On ne sait pas encore. Mais pour sa part, Alain Juppé est pressé de remettre le couvert. En visite le 7 septembre à Moscou, il a indiqué aux autorités russes qu’il faut condamner la Syrie au Conseil de résolution de l’ONU pour crimes et atteintes aux droits de l’homme. La Russie pour sa part se prononce en faveur de dialogues entre pouvoir et opposition, dans le souci de ménager son allié syrien. Une visite sans réel impact diplomatique, mais révélatrice de la « feuille de route » humanitaro-coloniale de l’Elysée. A l’heure actuelle l’opération militaire n’est pas encore envisagée. Il s’agit au préalable de mettre la pression sur Bachar El-Assad, avec, ou sans (évidemment), l’appui de la Russie. Le voyage n’aura pas été inutile pour autant, la France ayant pour l’occasion vendu à la Russie quelques porte-hélicoptères français Mistral. « La corde pour les pendre », comme disait l’autre. Une lecture à conseiller à BHL.

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