Banco !

Peace, love and banque-route

-37% en une séance… Oui, certes, on pourrait parler à longueur d’écran du veto russo-chinois à l’ONU sur la Syrie et du camouflet qu’il représente à l’égard des pays déclinistes, des présidentielles françaises, entre primaires socialistes et débandade borlooiste, sur fond d’affaires politico-financières élyséennes, et même de ce doux petit bout d’été indien de ce début octobre qui a malheureusement déjà pris fin.

Yes but voilà: -37%. D’un coup d’un seul. Dans la gueule des épargnants. Et Didier Reynders, le ministre des finances belge, qui se veut rassurant, en angliche dans le texte: « Don’t worry be happy, ze customers are secured for one hundred thousand euros ». Quand bien même ils les ont, encore deux trois coups comme celui-là et il vaudra plus un kopeck ton euro, Didier! Tout ça en pleine tourmente boursière ça ne vous aura pas échappé. Pour ne rien arranger, la probabilité d’une participation plus importante que prévu des banques dans le plan de sauvetage de la Grèce fragilise encore plus, mais oui c’est possible, l’ensemble du secteur bancaire européen. Dans ce contexte, Dexia est présentée dans les médias comme la première victime européenne de la crise de la dette. Faux: la banque franco-belge avait déjà frôlé la catastrophe en 2008, par sa surexposition  aux subprimes u.s. Et déjà elle avait étérenflouée par les Etats, France, Belgique et Luxembourg en l’occurrence, qui avaient apporté 6,4 milliards d’euros pour la sauver. Momentanément. « La crise », qui n’est jamais finie, et qui dure en fait depuis près de quarante avec le premier choc pétrolier, a pris de l’ampleur avec la crise de la dette. Ce coup-ci des Etats endettés se portent garnats pour des banques endettées… Jusqu’où iront-ils? On a parlé ces dernières semaines de la Générale dans la tourmente, à cause d’une rumeur à, son encontre dit-on, apparue dans le Guardian. C’est tout ce qu’il fallait pour qu’elle dévisse. Dans la foulée, un trader pourri, version bougnoule de Kerviel, fait plonger à Londres la suisse UBS. Encore le bouc émissaire de service. Et après Dexia, à qui le tour? Le Bank In Greece BANG? Ce qui me fait dire ici depuis un moment que ces événements, s’ils représentent une indéniable crise du capitalisme dans le vieux monde (côté Chine « communiste », il va plutôt bien, siè siè), marquent aussi, et sans doute surtout, un règlement de comptes propice entre les deux rives de l’Atlantique. Car tant qu’on se focalise sur la crise de l’euro et des calendes grecques qui l’accompagnent, on occulte la, ô combien plus gravissime, crise de liquidités américaine, celle que Ben Bernanke promettait de résoudre en balançant des dollars par hélicoptère. Et pendant que Moody’s et ses potes dégradent à tout va pays européens et institutions bancaires européennes, de l’autre côté de l’Oural on rit jaune. Gaffe à ce jeu-là, les yankees. Car c’est bien la crise des subprimes, la mère de toute les batailles, et l’avidité préalable et toujours prégnante de Wall Street, qui ont entraîné le monde dans cette mouise. A l’heure des paiements de dettes, il faudra que vous en teniez compte.

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1 commentaire

Classé dans Economie

Une réponse à “Banco !

  1. Père Duchesne

    Au poker menteur, ils ont trouvé des partenaires à leur taille chez les BRIC…

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