iDead

Elle m'a l'air bien malade, cette pomme...

Steve a donc fini par se faire bouffer le pancréas cloné et ce sont des milliers de jobs qui sont orphelins. L’action dévisse de 4% aujourd’hui à Francfort. Ce que c’est que la psychologie tout de même. Adieu donc l’homme à la pomme, l’occasion de faire un petit bilan sur Apple, sa philosophie et son juteux business.

Longtemps la marque au fruit défendu a été le Poulidor de Microsoft, qui ne s’est pas gêné pour piquer ses bonnes idées au gourou de San Francisco. Que seraient nos ordinateurs avec ou sans pomme s’ils n’étaient pas accompagnés d’une souris? Un peu dur de s’en sortir avec des commandes clavier héritées de MS-DOS. Pourtant sur la longueur on a beaucoup raillé Jobs quant à ses inventions, à savoir, en étaient-elles vraiment? C’est vrai, après les premiers Macintosh en 1984, et sa célébrissime pub en hommage à George Orwell, l’homme a connu son passage à vide avant de rebondir, via les studios Pixar, avec son célébrissime iMac en 1998 et sa version portable, l’iBook. Rien d’autre qu’un écran labellisé aux couleurs rigolotes, à l’époque ça plaisait aux filles. Mais là se cachait sans doute le génie du mec: rendre attirante, quasiment indispensable, une banalité. En 2001, coup dans le mille: l’arrivée d’internet, dont il est passé à côté, lui donne l’occasion de se refaire pour de bon avec les téléchargements de musique sur la toile. Après tout, le nom même de la marque est un hommage aux Beatles et à leur légendaire boîte de production, Apple Records. Succès planétaire pour ce qui n’est rien d’autre que la version numérisée du bon vieux walkman. Dans la foulée, Jobs crée sa médiathèque perso, iTunes, méga juke box et giga jack pot pour le créateur, les internautes pommophiles n’hésitant opas à payer le droit de téléchargement au patron, l’entrée à la boîte est permise à tout le monde à condition de laisser le pourboire à l’entrée. 2007, arrivée de l’iPhone. Encore une fois on prend une formule qui a fait ses preuves, le téléphone, ben tiens, et on en profite pour voguer sur l’effet de mode. Oké c’est du Steve Jobs donc ça doit faire Star Trek: on appelle ça un smartphone et on y trouve un écran tactile, un appareil photo, un baladeur et une flopée d’applications informatiques dont l’App Store qui permet de surfer sur le bidule en passant par la matrice, Thomas Anderson est passé par là. 2010 enfin, Jobs ne cache plus sa maladie qui saute aux yeux, et arrivée de l’iPad. Et là on se dit « Ca va Steve, tu les a eus avec ton ordi fluo, tu les as bluffés avec ta musique, tu les as pompés avec ton phone, c’est bon tu vas pas remettre ça avec ton… ton quoi déjà? » Son iPad. Sa tablette électronique. Et c’est peut-être en tirant sa révérence qu’il a fait le plus fort le bougre. Parce que mine de rien, on parle de plus en plus de la fin du PC et même si l’idée de devenir des nomades numériques complets ne me botte pas trop, avec les données de tous et de tout stockées dans un soi-disant nuage, retour vers le futur en perspective et plus précisément vers… 1984, il faut avouer que si la gageure est accomplie, celle d’avoir sous la main son ordinateur et l’essentiel de ce qu’il peut fournir réduit à l’élégant minimum, que ferait-on de la tour, de l’écran, du clavier, des périphériques et des mètres de fils qui les accompagnent, sur une terrasse chauffée pour supporter l’hiver?

Je ne suis pas client d’Apple. J’ai longtemps été rétif à l’informatique et à sa logique binaire, et quand il a fallu m’y mettre peu ou prou j’ai préféré m’adresser au dieu Gates plutôt qu’à son saint Steve. Et puis de toutes façons l’aura commerciale de Jobs, son obsession du tout propriétaire et son opposition aux logiciels libres me le rendaient plutôt antipathique. Mais après sa mort, on va peut-être tous se mettre, un jour ou l’autre, à un de ses produits. Alors autant s’y préparer. Jobs, maintenant, il a l’éternité devant lui.

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