SiFi

Banques virtuelles, faillite réelle

 Systemically Important Financial Institutions. Institutions Financières d’Importance Systémique. A l’heure où Moody’s dégrade la note de 12 « SiFi » britanniques, c’est un acronyme dont on va entendre parler. Et ce n’est pas de la Sci(ence) Fi(ction).

Parmi les principales victimes de cette hécatombe, on note:

  • Lloyds Banking Group (LBG): moins un cran de Aa3 à A1,
  • Royal Bank of Scotland (RBS): moins deux crans de Aa3 à A2,
  • Santander UK (filiale de la banque espagnole): moins un cran de Aa3 à A1,
  • Co-Operative Bank: moins un cran de A2 à A3,
  • Nationwide Building Society (immobilier): moins deux crans de Aa3 à A2.

En outre, les notes de sept établissements de plus petite taille spécialisés dans le crédit immobilier, ont été abaissées de un à cinq crans.

Dans un communiqué, Moody’s a expliqué sa décision par la probabilité d’une diminution du soutien financier du gouvernement britannique en cas de besoin de liquidités des banques. Pour autant, Moody’s pense que le gouvernement britannique continuera à apporter son aide aux fameux SiFi, institutions financières d’importance systémique, mais croit aussi qu’il est « plus probable (que Londres) laisse désormais certaines petites institutions faire faillite en cas de difficultés financières ».

Tier(s Etat) 1

La protection des SiFi est d’une importance vitale pour la protection du système financier. Elle implique que les banques détiennent plus de capital que celui mesuré en Tier 1. Tier 1 est la principale mesure de puissance d’une banque du point de vue du régulateur, à savoir le Comité de Bâle. Il est composé du capital de base, exprimé principalement en actions et en réserves. Ces dernières années les banques ont utilisé ce qu’on nomme poliment des instruments novateurs (subprimes, actifs toxiques, pétrole conte nourriture…) pour générer du Tier 1, limités en théorie à un maximum de 15% du total des fonds propres Tier 1.

America is not in the Mood(y’s)

Notons pour notre part que cette dégradation à l’anglaise intervient après celles du Crédit Agricole et de la Société Générale pour leur exposition à la dette grecque, celle de l’Italie et du quasi ensemble de son système bancaire, et en concomitance avec celle de neuf banques portugaises. Le tout sur fond de préoccupations américaines grandissantes, Obama et Geithner en tête, tintamarrant dans leurs médias que la crise en Europe menace le monde, oh my god, mais que fait Superman? En fait, une nouvelle fois, Moody’s lâche la proie pour l’ombre. Toutes ces SiFi, la BCE, l’euro lui-même, sont avant toute chose exposés à la crise de la dette américaine. Or on s’en souvient, le 6 août Standard & Poor’s n’avait pour sa part pas hésité à abaisser la note attribuée à la dette souveraine US, de AAA à AA+, dans la foulée de sa dégradation le 3 août par l’agence chinoise Dagong, de A+ à A. Moody’s a bien placé cette note « sous perspective négative », mais elle préfère chasser la paille dans l’oeil du voisin. Même quand il s’agit de l’indéfectible allié britannique! Quitte à rester sur la paille, chez elle. Ca sent la fin des haricoburgers pour tout ce que l’Amérique compte d’arrogants aveuglés par sa puissance passée. Il arrive qu’une étoile morte brille encore, le temps qu’arrive sur Terre ce qui lui reste de lumière.

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Classé dans Economie

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