Ca pue l’Var !

Monte et bourre...

Flamby est le candidat socialiste pour 2012, mais Montebourg est en orbite au parti. Dans les Bouches-du-Rhône, des oreilles vont chauffer. Au bénéfice de l’UMP ?

Ah il a bon dos, Guérini… Non pas qu’il s’agisse d’un enfant de choeur. Le président socialiste du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, « en congé du parti », a plus que probablement les mains sales. La justice tranchera. Pas ses mains. Sa saleté. Mais il faut rappeler un fait: le PS a mis deux longues années à réagir à l’affaire Guérini. Pourquoi? Voyons voir.

Guérini nie !

L’affaire Guérini démarre en février 2009 par deux lettres anonymes, l’une au procureur de la République, l’autre à la police marseillaise. Elles dénoncent Alexandre Guérini, gérant de quatre déchetteries, pour détournement de fonds, abus de biens sociaux, blanchiment et corruption, excusez du peu, le tout avec l’aide discrète de son frère Jean-Noël. S’en suivent enquête, perquisition et écoutes téléphoniques qui abondent dans le sens de la corruption des deux frangins. Le 8 septembre 2011, soit deux ans et demi après le début de l’affaire, Jean-Noël Guérini est enfin mis en examen pour association de malfaiteurs, prise illégale d’intérêt et trafic d’influence. Jusqu’alors, qu’a fait son parti vis-à-vis de Guérini? Le PS a d’abord fait semblant de rien. Le département compte plus de deux millions d’habitants, et son ancrage historique à gauche est mis en ballotage à la fois par l’UMP et par le FN. Conseiller général depuis 1998, Jean-Noël Guérini est une pièce incontournable sur l’échiquier local, surtout dans l’optique des cantonales de mars 2011. Celles-ci ayant été un succès national pour le PS, le Conseil général des Bouches-du-Rhône reste dans son escarcelle. Dès lors le fusible Guérini peut donc sauter, il sera remplacé par le sous-fifre du coin. C’est l’occasion pour Arnaud Montebourg, chargé de la rénovation du parti, de peaufiner son image de dirigeant intègre. Dans la foulée des cantonales et dans l’échauffement pour les primaires, il remet à la première secrétaire Martine Aubry un rapport sur les pratiques de Jean-Noël Guérini. Comme attendu, le rapport est accablant : le citoyen Montebourg-Saint Just y dénonce « un système de pression féodal reposant sur l’intimidation et la peur » et craint « les dérives les plus graves dans l’usage de l’argent public ». Gênée aux entournures, Martine Aubry tente de refiler le rapport à François Hollande, tout en regrettant que le ménage n’ait pas été fait plus tôt. Mais les socialistes ne peuvent courir le risque de se retrouver avec une affaire politico-financiaire aux relents de déchetterie sur les bras, alors qu’ils ne sont même pas aux… affaires. Haro sur le baudet donc. Tous finissent par rejoindre l’avis de Montebourg. Les socialistes veulent la démission de Guérini du Conseil Général, et son exclusion du PS. L’intéressé, qui n’a pas l’intention de démissionner, alors qu’il est lâché de toutes parts, annonce tout de même qu’il se met « en congé du Parti socialiste » pour ne pas gêner les primaires du PS. Bel esprit d’abnégation militante.

A tribord toutes ?

Mais en sacrifiant bruyamment un camarade éclaboussé (bien qu’en bout de course), les socialistes font un pari plutôt risqué. Aux prochaines cantonales de mars 2014, les électeurs excédés par la crise économique et par l’incurie des dirigeants, pourraient faire basculer le département à droite. Les Bouches-du-Rhône constituent en effet un territoire politiquement éclaté, avec trois circonscriptions au PS, une au PCF et… douze à l’UMP. La droite contrôle aussi les deux villes les plus peuplées du département, Marseille et Aix-en-Provence. Enfin on se rappelle qu’en 1995, le Front National y avait été victorieux à Vitrolles et à Marignane. La même année que son succès dans une ville de plus grande importance, Toulon, dans le département voisin du Var. Une réussite qui ne doit rien au hasard, tant le Var autrefois rouge avait déjà glissé à droite dix ans plus tôt, avec la prise du Conseil Général, par l’UDF d’abord (1985), par le RPR ensuite (1994). Depuis le Var ne varie pas et navigue à tribord, contre vents et marées, adossé aux Alpes Maritimes. Département voisin dont l’appartenance à la droite n’a quant à lui pas été démenti depuis… 60 ans! Un basculement des Bouches-du-Rhône signifierait que l’ensemble de la façade maritime de la région Provence Alpes Côte d’Azur serait dominé par la droite, laissant (éventuellement) l’arrière-pays isolé à la gauche. Est-ce là ce que  désirent vraiment les socialistes? Pas de sentiments en real politik. Car d’ici là il y a une échéance d’une toute autre importance. Celle de 2012. Un pari risqué. Mais depuis Mitterrand, le PS a montré combien il a le goût du risque. En successeur posthume, Arnaud Montebourg veut relever ce pari. D’autant que son rendez-vous à lui, c’est 2017. Avec son populisme assumé et ses formules empruntées au FN, il a montré l’étendue de son ambition.  Alors les élections cantonales de 2014, pensez donc, il les laisse aux impétrants.

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