Les Chinois à Cognac

A vendre

Monnet y fut importateur d’idées en 1934,

Céline l’avait prédit dans un dernier souffle en 1961,

Jean Yanne s’en était amusé en 1974

2011: cette fois on y est. L’Europe chinoise.

Enième réunion de la dernière chance hier à Bruxelles, qu’allait-on faire de l’euro, des Hell-haines, des Ritals et des Espingouins… Ca fait des lunes qu’ils se creusent les méninges Nicolas, Angela et tout l’tralala. On ne compte plus le nombre de sommets. LCI en listait 10 en un an, France 24, 14. A ce train-là les Alpes restent loin en dessous. Ce 26 octobre on a donc eu droit à un double sommet tant qu’à faire, c’est que ça coûte un pont aérien ces petites sauteries. Premier round à 27 pays européens, deuxième à 17 pays zone euro. La tension à son comble ! Tout ça pour qu’on apprenne ce matin que la Chine rachète l’Europe, qui n’est pas une Phénicienne, après le Pirée, qui n’est pas un homme.

Et pour le pourboire, tintin !

Die grosse diskusion des derniers mois, c’est la recapitalisation des banques. A 22h la question est remise sur le tapis: pourtant sonnées depuis 2008, on leur demande d’effacer 50% de la dette grecque. Montant de la perte: 100 milliards d’euros. Pour signer les paperasses, les VRP-d’Etat-super-sympas-Nicolas-et-Angela sont prêts à rencontrer les banquiers. A eux de s’arranger pour se refaire la cerise.  Auprès de qui ? La BCE ne représente que des Etats surendettés. L’Amérique leur crache dessus. La Suisse a ses sommets enneigés. Restent les émergents. Ni hao. La Chine débarque via l’agence Reuters à 22h20. Ca y est les gars, la messe est dite. C’est pas le pétrole libyen qui y changera grand chose, l’Europe est à vendre, Parthénon, Colisée, Disneyland Paris, Phantasialand Cologne, tout, à l’encan et au clou. Le montant de l’ardoise des banques se chiffre à 106,4 milliards d’euros, dont 84,87 pour les besoins cumulés des banques grecques (30), espagnoles (26,1), italiennes (14,77), françaises (8,8) et allemandes (5,2). A 0h45, à l’ouest de l’Oural, rien n’est acquis. Charles Dallara, directeur général de l’Institut de la finance internationale (Ifi), déclare dans un communiqué: «Il n’y a eu aucun accord sur la Grèce ou sur une décote précise. Nous restons ouverts à un dialogue pour la recherche d’un accord volontaire. Il n’y a aucun accord sur aucun élément». Foin du secteur privé mon pauvre NicolAngela. Coup de théâtre d’ombres à 3h45, accord en vue des dirigeants européens avec les banques selon un sherpa qui parle dans son sommeil. On est là au chant du sarcoq. Gueule de bois sans alcool. La vassalité du sous-continent européen à l’Asie est inévitable. Donc ! Sarcosette rencontre Thénardhiu Jintao aujourd’hui sur une participation chinoise au nouveau « véhicule spécial » ajouté au Fonds européen de Stabilité Financière (FESF) pour démultiplier ses capacités. Sarko tire le pousse-pousse, Hu prend ses aises, PSA délocalise au Brésil et Mittal quitte la Belgique. Tout ça pour ça. On pourrait s’en remettre à la fatalité et envoyer nos leaders bien aimés se faire foutre avec leurs billets dépréciés sur la muraille de Chine. Ca ne suffit pas car on ne serait pas sortis de l’auberge. Alors que faire comme disait l’autre ?

Fuir ?

Du soleil jaune bien sûr

Autres temps autres moeurs, le père fondateur Jean Monnet himself né en 1888 à Cognac, entre moultes pérégrinations, démissionne de la SDN en 1923 pour rejoindre l’entreprise du père en difficulté. Il sauve l’affaire et en profite pour s’enrichir avec l’importation de cognac aux Etats-Unis pendant la prohibition. En 1934, revoici notre diplomate-businessman en Chine. Il est alors conseiller de Tchang Kaï Chek, qui veut moderniser son pays. Comme les choses ont changé… L’Histoire ne nous dit pas si Monnet emporte des tonneaux dans ses bagages; l’actualité nous dit que les Chinois achètent des bouteilles et autres produits de luxe. En 1936 fin de contrat, et déjà les affaires chauffent en Europe. Repli stratégique à Londres dès 1939. Retour au bercail en 1944. C’est une option qu’il faut pouvoir s’offrir.

Résister ?

Toto et Céline

Il l’a dit, l’ermite de Meudon. Il en a même fait la conclusion de son oeuvre. Relisons la dernière phrase de Rigodon:

« Je lui fais remarquer qu’à Byzance ils s’occupaient du sexe des anges au moment où déjà les Turcs secouaient les remparts… foutaient le feu aux bas quartiers, comme chez nous maintenant l’Algérie… nos Grands-Transitaires vont pas s’en occuper du sexe des anges !… ni de péril jaune ! manger qui les intéresse… toujours mieux !… et vins assortis… de ces cartes ! de ces menus ! ils sont ou sont pas les maîtres du peuple le plus gourmand du monde ? et le mieux imbibé ?… qu’ils viennent, qu’ils osent les Chinois, ils iront pas plus loin que Cognac ! il finira tout saoul heureux, dans les caves, le fameux péril jaune ! encore Cognac est bien loin… milliards par milliards ils auront déjà eu leur compte en passant par où vous savez… Reims… Épernay… de ces profondeurs pétillantes que plus rien existe… »

Les Chinois stoppés chez Monnet. Noyés dans l’alcool bureaucratique. Rien que ça fait de 2011 l’année Céline des non-administrés. Frédéric Mitterrand de toutes façons, son truc, c’est Bangkok inondé…

Collaborer ?

Et à Bruxelles

La grosse tête préférait en rigoler et transformait la ville lumière en lanterne chinoise, dans la foulée soixante-huitarde. Pas sûr qu’on rie à présent. Ou jaune, alors. Les Chinois à la place des Teutons de quarante et avec l’aval des Allemands d’aujourd’hui. Il n’est plus là pour voir ça mais Jean Yanne avait vu juste. Avec quelques aggravations. Les Chinois ont dépassé le milliard et la planète en est à sept milliards tandis que l’Europe stagne sous le demi-milliard. Voilà des milliards qui ont une toute autre gueule que les calculs comptables ! Et le déclin des élites est tel que la France est présidée par un Hongrois… Et encore, s’il était compétent… Mais on s’en contente dans les salons feutrés du pouvoir… Les Chinois les premiers, puisque tout ça se fait dans la bonne entente socio-économique. Et qui paiera toute les conneries, furies et gabegies de nos bons maîtres ? Le peuple européen ! Mais oui ! Ou ce qu’il en restera.

Alors à nous de voir. Fuir. Ou résister. Ou collaborer. Pas de compromis possible en la matière.

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Classé dans Actualités, Economie, Europe, France, Littérature, Mieux vaut en rire!, Politique

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