Deutschland Über AAAlles

Souvenir, souvenir...

C’était jusqu’à hier. L’Allemagne devait lever six milliards d’euros d’emprunts à dix ans. Elle n’en a rassemblé que 3,6. La voici en proie à son tour aux affres de l’émission obligataire.

La France emprunte avec un taux d’intérêt chaque jour un peu plus élevé, tout comme la Belgique, emportée à son tour dans la spirale des taux. Mais l’Allemagne n’est plus à l’abri. Jamais jusqu’ici un pays classé triple A n’avait récolté que 60% des fonds demandés. Berlin proposait un taux de 1,96%, avec une inflation de 2%. Le rendement réel s’annonce négatif. D’où le désintérêt des investisseurs. Überraschung: la Bundesbank a donc été contrainte d’acheter le reste de l’emprunt. Certes la banque centrale allemande s’engage à revendre ce solde dans des conditions favorables, mais c’est un événement sans précédent pour le pays qui tient les cordons de la bourse européenne. Et qui s’oppose toujours à l’emprunt de dette souveraine par la BCE, leçons de l’Histoire obligent. Or voilà que le serpent monétaire européen se mord la queue germanique. Ach ! 4,4 milliards d’euros de dette allemande ! Après l’Europe du club Med, ça fait tache d’huile sur la choucroute, même si ce n’est qu’une petite partie du total de la dette européenne… dont Sarko et les autres espèrent que l’Allemagne renflouera pour plus de la moitié. Mais la vache à lait se tarit à son tour. Sa dette publique s’élève à plus de 80% du PIB, son taux croissance pour 2012 devrait être sous 1%. Son triple A n’est pas encore raillé (comme l’est celui de la France), mais il est plus qu’exposé. D’où la tentation qui gagne de nombreux Allemands de quitter tout simplement l’euro, cette invention de Jacques Delors dont l’Allemagne espérait tirer le meilleur dans cette sorte de grande Germanie qu’est devenue l’UE. En 1990 Helmut Kohl pouvait endetter son mark pour accueillir les frères de l’ex-RDA. On en est plus là aujourd’hui et le modèle rhénan s’exporte mal en Méditerranée. Sans compter le danger de faire de l’euro un nouveau Papiermark. Qui ne pourrait être remplacé que par un Reichseuro. Remettre l’euro sur ses rails, c’est la mission première des gauleiters arrivés au pouvoir en Grèce, en Italie et en Espagne. Mais avec la France en énième mauvais élève de la zone euro, Angela Markel n’est pas au bout de ses peines.

La chancelière et l’hypocondriaque

Aujourd’hui au sommet France-Allemagne-Italie à Strasbourg, Merkel et Sarkozy promettent une révision des traités. Le président français, revenant sur les mauvais augures de la crise, a voulu ironiser en évoquant l’épitaphe qu’on lirait sur la tombe d’un hypocondriaque: « Je vous l’avais bien dit ». Reste à voir qui est l’homme le plus gravement malade de l’Europe. Car une chose est certaine, tous attendent que le médecin soit Allemand. Et Francfortois. Ca reste exclu pour Merkel: « La Banque centrale européenne est indépendante », a-telle rappelé. La chancelière avait exprimé le même avis la veille au Bundestag, tout en s’opposant à la perspective d’eurobonds, ces hypothétiques obligations de l’ensemble de la zone euro en lieu et place de la dette des états souverains. Au même moment la Bundesbank rachetait 40% de son propre emprunt. Pas en retard d’une rouerie, Sarkozy a pour sa part déclaré, parlant au nom de Merkel et de Monti (ils ont dû apprécier à la baisse): « Nous avons tous trois indiqué que dans le respect de l’indépendance de cette institution, il fallait s’abstenir de demandes positives ou négatives » à la BCE. Restent les demandes neutres… Der Krise gross malheur.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Actualités, Economie, Europe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s