Liège: « L’arrêt de bus », scénario social-gore pour frères Dardenne en smoking

Ca ne s'invente pas...

L’attentat de Liège bouleverse les esprits. Et pose des questions cruciales sur l’état de nos sociétés.

13 décembre 2011, Liège, place Saint Lambert. C’est ici qu’en 1794 les Liégeois, inspirés par les révolutionnaires français, ont rasé la cathédrale de leur saint patron. Foin de la loi de Dieu, on ne garde que les lois des hommes. Le seul bâtiment qui dominera la ville sera désormais le palais de justice qui surplombe la place. C’est au palais de justice, place Saint Lambert, que devait se rendre à 13 heures Nordine Amrani, en libération conditionnelle depuis quatorze mois… Condamné en 2008 à 58 mois de prison ferme… Devant théoriquement rester en prison jusqu’en 2013 pour la détention de milliers de pièces d’armes, d’une dizaine d’armes complètes, d’une plantation de cannabis à l’échelle industrielle de 2800 plants… Cet « honnête citoyen » était pudiquement convoqué par la police pour faits de mœurs. Allez savoir pourquoi, Amrani l’a mal pris.

Vers 12h30, posté au-dessus de la boulangerie « Le Point Chaud », quel cynisme, surplombant les arrêts de bus, il déclenche son carnage. Méthodiquement il jette une, deux, trois grenades, puis s’empare de son fusil FAL, inventé en 1948 par la Fabrique Nationale de Liège, quelle intégration réussie, vide le chargeur sur la foule, enfin sort son revolver et se tire une balle dans la tête. On a parlé de quatre morts (puis cinq, puis six, puis à nouveau quatre, puis du corps d’une femme au domicile du tueur) et de plus de cent blessés, dont cinq dans un état grave. On a parlé d’un second et d’un troisième tireur évanouis dans les rues de Liège. On a parlé d’un détenu qu’on voulait faire évader. La confusion est totale. Finalement Amrani a agi seul. Mais ce qu’on est priés de croire, en haut lieu, c’est que ce n’est pas un attentat. Non non. La procureure du Roi, du parti libéral, Danièle Reynders, a ouvert le bal devant la presse. Puis l’apprenti premier ministre, du parti socialiste, Elio Di Rupo, arrivé sur les lieux. Enfin la vice-première ministre, du parti démocrate humaniste, Joëlle Milquet, sur l’antenne de la télévision belge. « Ce n’est pas un attentat ». C’est un acte isolé, tout au plus. Fermez le ban. Rentrez chez vous braves gens. Prenez le bus. Et dormez bien.

Bien sûr que c’est un attentat. Reste à espérer que ce soit aussi un acte isolé. Sans suites. Mais comment y croire dans ce monde de fous, où les fous de Dieu, d’Allah, de Yahvé, de Sans-foi-ni-loi, se disputent la palme de sang de l’horreur ? Où un barbu taré terré dans une montagne envoie des avions sur des gratte-ciels… Où un cinglé nordique part en croisade contre des gamins… Où des démocraties occidentales par le pétrole alléchées renversent des dictateurs fous pour les remplacer par des millions de fous… Où les marchés financiers en roue libre dictent leurs règles à des gouvernements sur la pente raide pour qu’ils imposent leurs lois folles à des peuples entiers… Où des parents psychopathes tuent leur enfant dans une machine à laver… C’est cette justice de fous qui a explosé hier. Car de quelle « justice » parle-t-on ? A la télévision belge ce 13 décembre, Jean-Michel Crespin, journaliste à la Dernière Heure, révèle un point ahurissant. Amrani possédait son arsenal légalement. La « justice » lui avait proposé de le dédommager financièrement pour la saisie de ses armes en 2008. Incroyable. Le juge connard dit le sharif achèterait alors des armes à un criminel. Voyez à partir de 14 minutes 30 sur le lien: JT RTBF 13 décembre 2011 Crespin ne dit pas si la vente a été conclue. Auquel cas on peut penser que cet argent aura servi à Amrani pour se payer les armes du carnage. Mais quoi qu’il en soit, comment expliquer que cet homme, aux méfaits connus de la « justice », vive libre, après s’être constitué cet arsenal et cette plantation ? Comment ne pas penser à des protections venant de ses plus riches clients ? Liège, Palerme sur Meuse pour ses détracteurs, Tox City pour ses habitants, son administration dévoyée, son club de foot comme opium du peuple, sa paupérisation, ses usines désaffectées, ses assommoirs, ses dealers, ses drogués… Les indépendantistes flamands ne pouvaient espérer mieux comme entrée en matière du gouvernement Di Rupo pour réclamer plus que jamais la scission de la Belgique. Pas étonnant qu’il ait prospéré sur le terreau du malheur, le business d’Amrani. Probable que le dealer flingueur ait été lui-même un drogueur drogué arrivé en bout de course. On en a déjà dit beaucoup. « Il n’avait pas de revendication », mais c’est un Arabe, « c’est un Arabe », mais il n’avait pas de revendication. Il avait bien un message posthume, le Lamrani: « Que la crise s’aggrave ». Il aurait pu citer Yves Montand. Sa petite entreprise ne connaissait pas la crise, dira-t-on. Mais cette entreprise est une crise elle-même. Drogue, armes, « faits de moeurs », folie. C’était le bordel dans sa tête, dans sa vie, dans son monde. Alors il part dans un macabre pétard de noël. Plus fort que Breivik: il devient un martyr de la haine. Plus fort que Ben Laden: il a fait le sale boulot lui-même. Après, il le savait, il y aura nécessairement encore plus de haine et de saleté. C’est ce qu’il voulait. Que les de souche accusent les bougnoules, que les sauvageons des técis rêvent de l’imiter, que tout ce monde passe à l’acte et que l’embrasement soit général. Les anarchistes, Bonnot et sa bande, avaient au moins un idéal. Ou prétendaient en avoir un. Ici il ne s’agit même pas de ça. Pas l’anarchie, juste le chaos. Liège ne sera plus pareil, et toutes les villes d’Europe entrevoient le danger. A qui la faute ? Comment pourra-t-on objecter à Marine Le Pen que la réponse à la violence est la dureté ? Tant de laxisme généralisé, de pourriture collective, de misérabilisme odieux… La ville de Liège va mettre un pot de géraniums et poser une plaque en aluminium en mémoire des victimes. Les politiciens vont verser quelques larmes, les psychologues vendre quelques livres, les artistes chanter quelques chansons. Les Dardenne brothers vont être inspirés pour leur prochaine merde sordido-réaliste: « C’est l’histoire de Nonours, dealer flinguomane, qui tombe amoureux de sa victime de 75 ans à un arrêt de bus de Liège, dans la banlieue de came » . « De Cannes, Jean-Luc ». « Euh oui Pierre, dans la banlieue de Cannes ». On voudrait dire qu’il faut arrêter tout. Qu’on s’asseye et qu’on parle. Et quand on voit le monde qui devient fou, on se dit que c’est impossible. Qu’il va falloir choisir un camp. Ou à défaut, une bonne arme. S’ils veulent faire de l’Europe une petite Amérique, qu’on ait au moins les moyens de riposter.

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Classé dans Actualités, articles, Europe, France, Politique

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