Archives mensuelles : janvier 2012

Règle d’or européenne : aux calandres grecques, on repasse les plats

Acropolis adieu

La grande nouvelle du Sommet du 30/01, c’est l’adoption de la règle d’or par 25 des 27

La petite histoire, c’est que la Grèce est toujours la tête de Turc

Angela Merkel exigeait l’adoption de sa règle d’or budgétaire comme condition de la solidarité financière de l’Allemagne. Elle l’a eue, à l’exception de la République tchèque, trop pingre, et du Royaume Uni, trop anglais. Cet énième traité doit renforcer la discipline budgétaire des Etats membres. Sans blague…

Que prévoit la règle d’or ?

  • Déficit structurel du PIB: 0,5% max.
  • Déficits publics annuels du PIB: 3% max.
  • En cas d’excès de vitesse, amende: 0,1% du PIB du pays chauffard. Die kommissarin Merkel charge la Cour de justice européenne d’être son inspecteur Derrick.

Un texte dans le texte

Alors soyons sérieux ein minute, frau Angela: la règle d’or reprend et amplifie les fameux critères de convergence (dits « critères de Maastricht »):

  • Taux de change: toute dévaluation est exclue. D’où l’essentiel des problèmes de la Grèce.
  • Taux d’intérêt à long terme: ils doivent être inférieurs de 2 % de ceux des trois Etats ayant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.
  • Stabilité des prix: le taux d’inflation de chaque Etat ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celui des trois Etats ayant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.
  • Situation des finances publiques: déficit public annuel inférieur à 3 % du PIB, dette publique inférieure à 60 % du PIB.

Ce dernier point a depuis longtemps été explosé par la plupart des pays de l’U.E. On pourrait faire l’historique, accuser les uns, blâmer les autres. Ce qui compte c’est qu’à l’heure actuelle, seules la Finlande et la Lituanie respectent la totalité des critères de convergence. Même pas trois Etats donc ! Et ces deux-ci sont voisins de la Russie, au taux de croissance tout de même un peu meilleur que l’Europe de l’Ouest… Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, a d’ailleurs jugé cette nouvelle règle d’or « inutile et nuisible ». Il aurait pu ajouter « inopportune, injuste, infondée, improvisée », comme dirait l’autre. La Commission quant à elle avance, comme on pouvait s’y attendre, que cette règle était déjà presque entièrement couverte par la législation européenne. On attend encore l’avis de la Cour de justice.

Et la meilleure actrice de la tragédie européenne est…

Nominée récurrente aux European Razzie Awards, la special guest star du sommet était, trac, suspense, roulement de tambour… la Grèce. La situation budgétaire du pays reste insolvable et Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, voulait placer son gouvernement sous la tutelle d’un commissaire européen disposant d’un droit de veto. Encore un peu et il envoyait un Oberfeldkommandant à Athènes. Proposition évidemment refusée par les Grecs, et rejetée du bout des lèvres par le président français. En attendant, la Grèce continue de mendier les milliards de dernière minute pour éviter un défaut de paiement, tandis que son peuple trime de plus belle. A en croire la journaliste Alexia Kefalas, les Grecs sont acculés au suicide ou à l’exil. Un peu comme Sarkozy. Il a pas un grand-père grec, celui-là ?

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Sarcause toujours

The devil's associate

Sarkozy joue le tout pour le tout: rendez-vous avec les Français et report de candidature, démagogie et hausse de la TVA, ultime recours et porte de sortie. Ca passe ou ça casse. A le voir hier, c’est déjà cassé.

Sur neuf chaînes et pendant plus d’une heure, Sarkozy a essayé hier soir de défendre son bilan pitoyable en rejouant le numéro du grand incompris. La salle des fêtes de l’Elysée avait pour la circonstance un decorum méphistophélique: rideaux rouge sanguin et lambris plaqué or, le tout savamment orchestré dans un jeu d’ombres ténébreux censé impressionner l’audimat. Le président le plus grotesque de la Vème République a voulu justifier son action et celle de son gouvernement, tout en planifiant des mesures antisociales après les élections, en matière d’arrogance en voici un qui n’a de leçon à recevoir de personne. Des mesures dans la lignée de celles que la droite impose depuis des années, voire des décennies (en quoi Mitterrand était-il de gauche ?). Au moins cette fois on sait à quoi s’en tenir. Ce qui était moins habituel, c’était le ton de l’interview. Oh certes, les révérences d’usage et les salamalecs de circonstance n’ont pas manqué, et les deux « économistes » François Lenglet et Jean-Marc Sylvestre ont fait la figuration attendue. Quant à Claire Chazal et Laurent Delahousse, ils ont ressorti leur professionnalisme mielleux. Mais leur ton a désarçonné le chef de l’Etat à plusieurs reprises. De subtiles prises de bec, mais qui sont révélatrices: le vent tourne. Jamais il y a un an, il y a six mois, il y a trois mois encore avec Calvi et Pernaut, on n’aurait vu de journalistes risquer les foudres de Jupiterkozy, prompt à envoyer les journalistes par trop irrévérencieux aux oubliettes. Or hier, les échanges montraient que Sarko n’impose plus la crainte. Pas même le respect.

Delahousse attaque d’emblée sur le soutien de Merkel à Sarkozy. Le pas-encore candidat et déjà-trop président esquive: « Je n’ai pas pour l’instant annoncé quoi que ce soit ni sur ma candidature, ni sur mes meetings ». Ah bon ? Echaudé par les crises à répétition et par son impopularité grandissante, il ne se présenterait pas finalement ? Si seulement c’était vrai. Delahousse embraie sur Lejaby. Des sous-tifs front popu, loin des préoccupations de Carla, Cecilia et Caetera. 93 salariés de l’usine d’Yssingeaux qui s’apprêtent à rejoindre 3 millions de chômeurs. Et Sarko bafouille un « Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby » qui a dû faire des souvenirs du côté de Gandrange. S’en suivent les grands icontournables: hausse de la TVA, hausse de la CSG, hausse du temps de travail. Contrairement à ce que dit Martine Aubry, Sarko n’est pas passé du « Travailler plus pour gagner plus » au « Travailler moins pour gagner moins ». Le véritable slogan de ce président « sincère, lucide et courageux », comme on dit à l’UMP, c’est « Travailler plus pour gagner moins ». La preuve par son énième mesure annoncée sur les accords compétitivité-emploi, qui aboutiraient à la fin des 35 heures. C’est bien un programme d’austérité « à l’Allemande », comme dit Mélenchon. Imposé aux Français « frondeurs et rebelles » comme dit Sarkozy. On n’a pas fini de rire. Sarko tempère sa volée de lois patronales par une promesse de taxe Tobin: 0,1% sur les transactions financières… Monde de la finance, tremble dans tes palaces ! Moment clé de la causerie: à une remarque en douce de Chazal sur son bilan, Sarko réagit au quart de tour: « J’ai le sens du ridicule, Madame Chazal. Ce n’est pas à moi de juger mon propre bilan. C’est aux Français de juger mon bilan. » « Il faudra rendre des comptes… » rétorque impassible, les yeux dans les yeux, la madone du 20 heures. Tu quoque filia mea… De deux choses l’une: soit Sarko, sûr de sa réélection, s’apprête à envoyer Chazal rejoindre PPDA sur France 3, soit Chazal, qui a tout de même le flair pour ces choses, sent que c’est fini pour le Magyar. A la fin de l’entretien, il s’obstine à refuser d’annoncer sa candidature. Il en a peut-être vraiment marre.  « Ne jouons pas au chat et à la souris. Mon intérêt serait de dire voilà, j’ai décidé. Mais je suis président de la République du cinquième pays au monde ! » Dans l’état actuel on dirait plutôt le cinquième pays d’Europe… Pour finir en beauté, Delahousse enfonce le clou sur les 500 parrainages loin d’être acquis par Marine Le Pen. Sarko juge toujours préjudiciable qu’un courant politique ne soit pas représenté. C’est la moindre des choses: c’est ce courant qui lui a permis d’être élu ! Mais, pris une nouvelle fois au dépourvu, il finit par s’énerver : « Vous ne voulez tout de même pas que je m’occupe d’elle ? » Dommage, ça aurait pu faire un couple. Beau ? C’est une autre histoire.

Voici donc Sarkozus Imperator s’apprêtant à franchir le Rubicond, et repoussant l’échéance. Dans son esprit, par période de pleine tempête capitaliste, il faudrait retarder les élections. Et pourquoi pas les annuler ? Car comme on peut l’espérer, à son échec personnel suivra celui de sa majorité. On devrait voir quelques beaux règlements de compte avec les Fillon, Juppé, Copé et compagnie. Quoi d’étonnant pour un type qui a voulu cumuler les rôles de président officiel et de premier ministre officieux ? Mais il ne faudrait pas se réjouir outre mesure. S’il perd, il laissera son programme ultralibéral en héritage à Hollande. S’il gagne, il fera le plein des mécontents. Dans tous les cas ce sont les Français qui devront être, à l’avenir, sincères, lucides et courageux.

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Mini-Juppé : les plaisanteries les plus courtes ne sont pas celles du…

..."meilleur d'entre nous"

 -« Sarko… »

-« Vous voulez dire Monsieur Sarkozy? »

-« Pardon? »

-« Monsieur Sakozy? »

-« Ah! vous l’avez dit! »

Et soudain le visage d’Alain Juppé s’éclaira, comme aux trop rares occasions de ses cuites au Bordeaux.

Flamby a cité le nom du pas-encore-candidat président! Il se voit déjà élu! Quelle arrogance! Quelle suffisance! Quel déni de démocratie!

Alain Juppé, président de l’amicale des têtes à claques

En mission impassible hier soir sur France 2, le ministre des affaires étrangères devait rapporter du gibier à son maître. Aujourd’hui il est content Sarko. Il est au plus bas dans les sondages mais il est content. Juppé l’a fait citer par son adversaire un peu niais qui s’était juré de ne pas le nommer avant qu’il ne se déclare (le Sarko, tout le monde suit). Pauvre Juppé: éternel Poulidor de la droite présidentielle. En 1995, premier Premier ministre de Jacquot, Chirac avait tiré sur la corde bordelaise au point de frôler qu’elle se casse: le « plan Juppé » prévoyait déjà l’allongement des cotisations de retraite et une réforme des droits de santé. Résultat: impopularité record et mouvement de grèves sans précédent qui fait plier Jup’ en décembre. Comme si ça ne suffisait pas, il est accusé en 1998 dans l’affaire des emplois fictifs, en tant que maire adjoint de Paris de 1983 à 1995. Et condamné (quatorze mois de prison avec sursis plus un an d’inéligibilité) à la place du patron… En bon maso, il fonde l’U.M.P. en 2002 pour servir à la réélection de Chichi, sans se douter que ce parti servira surtout les intérêts de Sarko. Soit: après sa traversée du désert canadienne, notre glaçon bordelais remet ça en 2007 en prêtant allégeance au nouveau chef. Neutralisé ministre du superministère de… l’écologie, Alain se prend une nouvelle baffe (à force, les électeurs ont compris qu’il aime ça) dans son propre fief, par une tâcheronne socialiste fille à papa, Michèle Delaunay. Toujours fusible, Jup’ saute. Ambitionnant un destin à sa taille quelque part entre 2017 et 2122, en 2010 Jup’ revient vers son maître. La gueule haute et les oreilles dressées cette fois. Ce sera ministre régalien ou rien. Galop d’essai sado à la défense. Stage concluant et remplacement du savoir faire de Michèle Alliot-Marie. « Oké Alain, ch’sais qu’t’es bosseur, va pour les affaires étrangères, et si en plus tu fais oublier Villepin, i s’pourrait bien que tu m’succèdes à moi-même… ». Jup’ se voit déjà candidat à la candidature aux primaires UMP. Encore raté, les primaires c’est en face. En attendant il accroche le trophée de Kadhafi à son tableau de chasse. Un peu facile de tirer le vieux lion gâteux dans les égouts bombardés, mais il s’acquitte de sa tâche néo-coloniale avec zèle et humanisme, c’est tout ce qu’on lui demandait. Quelque grognements sur la Syrie, quelques marches funèbres pour des tombés pour la France, Jup’ bosse et fait de son mieux pour complaire au boss. Sarko lance alors un os à ronger à Jup’: « Mon bon Alain, chuis pas en forme, et puis ch’ai un plan com’ que ch’prépare depuis le 7 mai 2007. Ce soir y a Hollande sur France 2, lui il est en forme et il veut pas m’nommer. Comme c’est un rigolo tu vas l’ridiculiser en lui faisant dire mon nom ». « Wouf mon salaud d’maître ». Mission accomplie donc.

Et à part ça, qu’est-ce qu’on retiendra de cette confrontation digne de l’UMPS? Pas grand chose et tout le monde le sait. Juppé a essayé de coincer Holande sur le programme PS sans révéler celui de l’UMP. A tous les coups c’est austérité gagnante. Ca convient bien à l’austère Jup’, un peu moins au sémillant Hol’ qui promet retraite à 60 ans, profs heureux, immigrés régularisés, toit pour tous, dette et croissance simultanées, du pain et des roses… Pas crédible une seconde mais au fond l’électeur s’en fout. Ce qu’il veut dans sa majorité c’est virer l’innommable. Je l’ai déjà dit, la grande chance de Flamby c’est que n’importe qui pourrait battre Sarko. Alors pourquoi pas n’importe qui. Au bout du compte, la dernière carte restant au président sera d’essayer de rééditer le coup du 21 avril 2002. Mais attention: j’ai dit « n’importe qui pourrait battre Sarko ».

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Mega-outlaw-d

Le con, la pute et le truand

En fermant Megaupload, la justice américaine a décidé de ne pas attendre l’adoption des lois anti-piratage, mises en mode veille après le blackout du 18 janvier.

La justice américaine a fermé jeudi 18 sites internet dont Megaupload, un des plus grands sites de téléchargement de fichiers au monde, et d’autres sites du groupe. Megaupload était une plateforme d’hébergement de fichiers, permettant aux utilisateurs d’héberger des fichiers sur leurs serveurs et de les échanger. Ayant son siège social à Hong Kong, le FBI pouvait-il ordonner la fermeture du site hors de son territoire ? C’est une cause de litige possible entre la Chine et les Etats-Unis. La fermeture de Megaupload est un coup de pied dans la fourmilière, mais il existe des dizaines de sites similaires, même si Megaupload était le plus connu avec 150 millions d’abonnés, 50 millions de visiteurs par jour et 4 % du trafic internet mondial. Seuls les sites rassemblant des liens de téléchargement ont fait l’objet de poursuites. Les sites de partage en peer to peer ne sont jusqu’ici pas responsables de la présence de contenus illégaux. Il leur est cependant demandé de supprimer ceux qui leur sont signalés. Megaupload n’a pas respecté cette règle et a favorisé la diffusion de contenus piratés. Sur Megaupload les internautes pouvaient uploader en ligne leur contenu. Ils pouvaient y avoir accès depuis n’importe quel ordinateur et le partager. Le site supprimait les contenus peu téléchargés au bout de 90 jours et rétribuait les internautes qui uploadaient des fichiers très téléchargés. Uploading et downloading de fichiers étaient gratuits jusqu’à 1 Go. Pour effectuer plusieurs téléchargements en parallèle, il fallait souscrire un abonnement payant.

La décision de fermer le site a été prise le 5 janvier, pendant la polémique sur SOPA/PIPA. Selon le FBI, Megaupload aurait causé plus de 500 millions de dollars de pertes aux ayants droit et généré plus de 175 millions de dollars de profits illicites. Le propriétaire du site, Kim Schmitz alias Kim Dotcom, planqué en Nouvelle-Zélande, s’est fait cueillir avec trois de ses associés par la police locale. Deux preuves du flou juridique en la matière : Megaupload, représenté par Emmanuel Gadaix, directeur des opérations du site, a été invité le 11 janvier au Sénat français à participer à un débat  sur internet et la rémunération des créateurs; aux Etats-Unis, en 2011, Megaupload a été soutenu dans une vidéo vantant les avantages du streaming par des « artistes » : P.Diddy, Will.i.am, Kanye West, Chris Brown, etc… Vu leur chiffre d’affaires, le piratage leur fait de la pub. Universal a quand même fini par se fâcher et a fait retirer la vidéo. Megaupload a porté plainte à sont tour, affirmant que cette pub était légale. Toute l’hypocrisie du capitalisme en trois clics : tant que les majors considéraient que Megaupload faisait caisse de résonance pour leurs produits, elles fermaient les yeux. Quand les pertes deviennent trop grandes, le bateau pirate, qui jusque là naviguait tranquille, doit soudain être coulé. Que Megaupload, qui générait des millions de dollars de profits en piratant allègrement l’industrie du show biz, soit la première victime de SOPA, ça n’a rien d’étonnant. Mais pourvu que ça en reste là.

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PIPA : une loi à scruter sous toutes les coutures

La partie cachée vaut le détour

Je parlais hier des deux lois U.S. SOPA/PIPA, avec la confusion entretenue par les législateurs américains sur Internet Protocol, dans l’intitulé du Protect IP Act.

J’ai eu confirmation de mon intuition dans le New York Times, par un article de Jonathan Weisman, Web Protests Piracy Bills, and Senators Change Course en ligne hier soir et remplacé aujourd’hui par In Fight Over Piracy Bills, New Economy Rises Against Old:

http://www.nytimes.com/2012/01/19/technology/web-protests-piracy-bill-and-2-key-senators-change-course.html

Les deux versions de l’article expliquent le soudain retrait de nombreux soutiens à SOPA/PIPA, le plus notable lâchage étant celui du sénateur Marco Rubio, l’Obama latino, qui a courageusement annoncé sa volte-face sur Facebook. Mais ce qui retient l’attention dans la première version de l’article, et qu’on ne retrouve pas dans la deuxième, c’est sa conclusion qui parle des DNS, les systèmes de noms de domaine. Voici le passage in extenso, j’ai mis en gras les points cruciaux:

« At issue is how the bills deal with “DNS filtering.” Web site addresses are converted by the Internet’s domain name server system from typed words into computer language to bring a user to a specific Web site. The Congressional bills would allow the Justice Department to seek injunctions to prevent domestic Internet service providers from translating the names of suspected pirate sites; the legislation would also require search engines such as Google not to display suspected sites on search results. In effect, the bills would make search engines the enforcers of a law they oppose. Congressional negotiators are looking at radical revisions to the DNS provisions, but lawmakers may decide the resulting legislation is too neutered to pursue, aides from both parties say. »

Traduction: « La question est de savoir comment les projets de lois se comportent avec le « filtrage DNS . » Des adresses de sites Web sont converties par le système serveur de noms de domaine d’Internet à partir de mots tapés dans un langage informatique pour conduire un utilisateur à un site Web spécifique. Les projets de lois du Congrès permettraient au Ministère de la Justice de chercher des injonctions pour empêcher les fournisseurs domestiques de services Internet de traduire les noms des sites pirates présumés; la législation exigerait également des moteurs de recherche tels que Google de ne pas afficher les sites suspectés sur les résultats de recherche. En fait, les projets de loi feraient des moteurs de recherche les exécuteurs d’une loi à laquelle ils s’opposent. Les négociateurs du Congrès recherchent des révisions radicales pour les dispositions sur les DNS, mais les législateurs peuvent décider que la législation qui en résulterait est trop stérile pour poursuivre, selon les assistants des deux parties. »

Le Stop Online Piracy Act et le Protect Intellectual Property Act visent donc bien à contrôler un peu plus internet et, partant, les esprits. Car c’est une chose de traquer les sites spécialisés dans la piraterie, et une toute autre de mettre les moteurs de recherche dans le rôle du délateur. Et de qui ? « Des adresses de sites Web ». C’est-à-dire ? « Des sites pirates présumés ». Mais encore ? La ficelle est plutôt grosse. SOPA/PIPA vont bien au-delà d’Hadopi. Sous couvert de lutte anti-piratage, la législation américaine aurait un oeil sur tout les sites du monde, Google étant présent partout sauf en Chine continentale, officiellement pour raison de censure, justement. Dès lors elle pourrait agir à sa guise, avoir accès aux adresses IP par le contrôle des DNS, bloquer tout ce qui lui déplait. Ce qui voudrait dire la fin de la liberté d’expression sur internet comme l’affirme Wikipedia.  Ce n’est pas seulement le homebanking obligatoire, c’est en plus Robocop à domicile. Fricage et flicage. Elle n’est pas belle à voir, la décadence de l’empire américain…

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Les affiches de la grève

Marlbrough s'en va-t-en grève

Un peu de manif assise en solidarité avec les Ricains, une fois n’est pas coutume.

Pour ceux et celles qui veulent participer, les codes du black out sont ici. Enfin, si tant est que ça marche. Il ya du html, du JavaScript et d’autres joyeusetés.

http://sopastrike.com/#how-to-strike

De toutes façons ça s’arrête le 18 janvier 2012 à 20 heures, fuseau horaire de la côte est américaine, c’est-à-dire à 6 heures du matin le 19 janvier ici.

C’est pas pour dire mais faut faire vite.

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Et un peu de JavaScript en grève

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