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Le con, la pute et le truand

En fermant Megaupload, la justice américaine a décidé de ne pas attendre l’adoption des lois anti-piratage, mises en mode veille après le blackout du 18 janvier.

La justice américaine a fermé jeudi 18 sites internet dont Megaupload, un des plus grands sites de téléchargement de fichiers au monde, et d’autres sites du groupe. Megaupload était une plateforme d’hébergement de fichiers, permettant aux utilisateurs d’héberger des fichiers sur leurs serveurs et de les échanger. Ayant son siège social à Hong Kong, le FBI pouvait-il ordonner la fermeture du site hors de son territoire ? C’est une cause de litige possible entre la Chine et les Etats-Unis. La fermeture de Megaupload est un coup de pied dans la fourmilière, mais il existe des dizaines de sites similaires, même si Megaupload était le plus connu avec 150 millions d’abonnés, 50 millions de visiteurs par jour et 4 % du trafic internet mondial. Seuls les sites rassemblant des liens de téléchargement ont fait l’objet de poursuites. Les sites de partage en peer to peer ne sont jusqu’ici pas responsables de la présence de contenus illégaux. Il leur est cependant demandé de supprimer ceux qui leur sont signalés. Megaupload n’a pas respecté cette règle et a favorisé la diffusion de contenus piratés. Sur Megaupload les internautes pouvaient uploader en ligne leur contenu. Ils pouvaient y avoir accès depuis n’importe quel ordinateur et le partager. Le site supprimait les contenus peu téléchargés au bout de 90 jours et rétribuait les internautes qui uploadaient des fichiers très téléchargés. Uploading et downloading de fichiers étaient gratuits jusqu’à 1 Go. Pour effectuer plusieurs téléchargements en parallèle, il fallait souscrire un abonnement payant.

La décision de fermer le site a été prise le 5 janvier, pendant la polémique sur SOPA/PIPA. Selon le FBI, Megaupload aurait causé plus de 500 millions de dollars de pertes aux ayants droit et généré plus de 175 millions de dollars de profits illicites. Le propriétaire du site, Kim Schmitz alias Kim Dotcom, planqué en Nouvelle-Zélande, s’est fait cueillir avec trois de ses associés par la police locale. Deux preuves du flou juridique en la matière : Megaupload, représenté par Emmanuel Gadaix, directeur des opérations du site, a été invité le 11 janvier au Sénat français à participer à un débat  sur internet et la rémunération des créateurs; aux Etats-Unis, en 2011, Megaupload a été soutenu dans une vidéo vantant les avantages du streaming par des « artistes » : P.Diddy, Will.i.am, Kanye West, Chris Brown, etc… Vu leur chiffre d’affaires, le piratage leur fait de la pub. Universal a quand même fini par se fâcher et a fait retirer la vidéo. Megaupload a porté plainte à sont tour, affirmant que cette pub était légale. Toute l’hypocrisie du capitalisme en trois clics : tant que les majors considéraient que Megaupload faisait caisse de résonance pour leurs produits, elles fermaient les yeux. Quand les pertes deviennent trop grandes, le bateau pirate, qui jusque là naviguait tranquille, doit soudain être coulé. Que Megaupload, qui générait des millions de dollars de profits en piratant allègrement l’industrie du show biz, soit la première victime de SOPA, ça n’a rien d’étonnant. Mais pourvu que ça en reste là.

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