Archives de Catégorie: Economie

Un an de route

Wifi included

Chers tous, chères toutes, lecteurs permanents, fréquents, occasionnels, MERCI de me lire et de contribuer à la cause du communautarisme rom. Après un an de jambons et aloyaux services, je pose ma caravane pour profiter du printemps et de la pluie.

Une année que je me démène sur les autoroutes de l’information et les chemins buissonniers du net… Je pose mes valises, mon cheval et ma poule pour reclouer mes semelles et recercler mes roues. Histoire de repartir d’un bon pied. Sous quelle formule ? On verra. Mensuelle sans doute, annuelle peut-être, aléatoire sûrement. Le monde et ses folies me saoulent plus que la piquette moldave, le blogging et ses contraintes me gavent pire que le goulasch bohème. Une sieste s’impose. De temps en temps je gazouille un #twit histoire de me faire entendre. Qui m’aime me lise. Depuis mon dernier article du treize mars, Galouzeau de Villepin a été grossièrement exclu de la course à l’échalote, les dix prétendants m’ont bien fait rire à tour de rôle, mention spéciale pour Philippe Poutou, car ce mec a raté sa vocation d’humoriste chez Ruquier, ils ne sont donc plus que deux, et comme chez les gitans d’Ecosse à la Highlander, il ne peut en rester qu’un. Hollande d’après les mathématiques, mais avec le roué retors Nicolas, on n’est pas à l’abri d’une surprise. Je persiste et signe, s’il gagne c’est pas plus mal, ça veut dire plus d’UMP en 2017, car ce keum ne se contente pas de ridiculiser la politique, il anéantit son propre camp. C’est pas bon pour la démocratie, mais le sarkozysme non plus. Si au final il y a une différence en faveur du Magyar et qu’elle est de l’ordre du demi pour cent, le PS pourrait regretter de ne pas avoir donné ses signatures à Villepin. Mais non, rien-zéro comme dit l’autre. Chacun ses problèmes. Pour l’heure on accuse déjà Hollande a priori d’être assuré d’être élu avec moultes voix lepénistes. Qu’ils se débrouillent tous avec ce qu’ils ont créé, les mitterrandiens avec le FN, Juppé avec l’UMP.

Sur ce latcho drom, drum bun, bonne route, et à un de ces jours.

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Bye bye Bayonne : Rien n’est bon dans l’sarkochon

"Jeunes de Benghazi! Jeunes de Libye! Jeunes Arabes!"

Parti à Bayonne se prendre un jambon halal, Sarko tente sa remontée au tour de France par une rouste au col des Pyrénées.

Tsiro bango… Temps tordu… Je voulais rester dans ma roulotte jusqu’à la fin de l’hiver mais ce crevard de Sarkozy m’en a tiré.

Sarkorrida

Arrivé le premier mars à Bayonne à l’allure du canasson pour me réchauffer dans le Sud Ouest, j’avais commencé à pioncer quand je suis soudain réveillé par une clameur diffuse: «Ououh! Ououh!», «Casse-toi!», «Pauv’con!», «Ououh! Ouououh !»… Je sors, je vois une foule compacte de jeunes qui se marrent, et au fond de la rue Del-Toro-Vasco, un groupe d’officiels nerveux entourant un gnome surexcité qui agite les mains en l’air. Entre les deux, un triple cordon de CRS qui affronte des bulletins de vote envoyés des toits. Fallait bien ça pour éviter la course à la vachette. Eh oui, à force d’entendre le mot campagne, Sarko a voulu y aller. Avec l’idée enfantine de s’offrir un salon de l’agriculture en vrai pour lui tout seul, chez ces braves péquenots censés voter pour lui quoi qu’il arrive. Tâter la vache à la Chirac sur les terres de Bayrou pour racoler le vote d’extrême centre qui fera la différence au deuxième tour, voilà l’idée. Quel mec… Personne ne lui a dit, dans sa bassecour payée à pondre des déclarations à la con, que les paysans ça a aussi des enfants, et que depuis le temps de Balladur, ils ont 18 ans? Lui, confiant, insouciant, napoléontroisièmesque, il arrive en Renault Tanger. Et soudain c’est le drame. Dès qu’il débarque, il découvre qu’il y a une France hors de l’Elysée. «Nicolas président!», dit un vieux monsieur. «Nicolas kampora!» («dégage», en basque), disent dix jeunes filles. Mal barrée, la France forte. La gargouille s’enfonce alors dans les ruelles médiévales croyant serrer des mains présélectionnées, et il se retrouve cerné par la foule de chômeurs surdiplômés d’une vie, d’indépendantistes basques d’un jour et de militants socialistes d’une heure. Fait comme un rat. On dirait Kadhafi. Grâce au savoir-faire de Michèle Alliot-madsmile-Marie, le candidat UMP se réfugie in extremis dans un bar PMU. Il était temps, il pleut des œufs. Le voici donc au bar des Tuileries. Enfin pas encore: le bar du Palais. Les vidéos parlent d’elles-mêmes. Sur celle-ci il y a le joyeux drum’n’bass Крылья («Les ailes») de Небо Жители («Les gens du ciel»). Voilà Sarko réfugié politique, dans une taverne qui n’en demandait pas tant. A qui la faute? A l’épuration. Liquéfié au bar. Un grand numéro d’autodestruction incontrôlée. L’oscar du meilleur drôle. Il va essayer de rebondir évidemment! De se poser comme toujours en victime. Quelques-uns vont y croire, mais comparé au nombre des déçus et à celui des rienàfoutristes, c’est peine perdue. Exfiltré par les casques bleus et les bérets verts, il s’exile à Bruxelles comme Victor Hugo: on y adopte la règle d’or par la volonté de Merkel, on y annule le sommet zone euro par la volonté de Merkel. Bientôt Sedan: tout ça va s’écrouler quand banques et commis d’office n’auront plus d’autre solution que de se barrer. Oui, la mode est au jogging. Encore un héritage sous-estimé du sarkozisme, cette bénédiction pour les boutiques de sport.

Droite cassoulet-gauche caviar, même gestion, même indigestion

Sarko s’est planqué dans un café comme un vulgaire sans-papiers, après que le couple médiatoc Montebar-Pulvourg se soit fait courser dans Paris par 15 militants FN selon la gauchosphère, plutôt des hooligans remontés par le prix de la bière. Et cette ambiance va encore durer deux mois. Finalement il aura été utile à tout sauf à son camp, mister Bling Bling. En fait c’est un gauchiste malgré lui. Il a fait monter le Front de droite, le Front de gauche, les autonomes, les clandestins et surtout Rond-de-flan Hollande qui lui devra son élection inespérée. Qu’est-ce que ça va être, Flamby essayant de se justifier face à des milliers de syndicalistes C.G.T. encouragés par both Monsieur Mélenchon et Madame Le Pen? Quel bordel ça va être… Evidemment il le sait Hollande, alors il anticipe: à Gandrange il le leur a dit aux camarades, il ne fait pas de promesses. Il pourra toujours le rappeler le moment des fermetures venu. Mais est-ce que ses nouveaux potes ouvriers avalent les subtilités politicardes? Doutons-en.

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Prix de l’essence : Iran la monnaie

"Le nécessaire existe par soi, par sa propre essence" Avicenne

Le 30/01 l’U. E. décidait l’embargo sur le pétrole d’Iran pour stopper son programme nucléaire. C’est mal connaître les Perses.

L’embargo devait entrer en vigueur le 1er juillet. Officiellement pour donner le temps à l’Iran d’arrêter son programme nucléaire. Officieusement pour permettre à l’Europe de trouver d’autres fournisseurs entretemps. La première conséquence a été de faire plonger la bourse de Téhéran, et à sa suite le Rial. Ashton, Hague, Juppé, Obama ont fait mine de se réjouir, affirmant que les sanctions fonctionnent. Tu parles. Pas une lune n’a passé que les imams prennent les devants. Pour la France et le Royaume Uni les robinets sont dorénavant coupés. Le ministère iranien du pétrole a annoncé dimanche qu’il ne vendait plus de brut aux compagnies britanniques et françaises. Résultat: le cours du pétrole repart à la hausse. Le brent de la mer du Nord est à 120,15 dollars le baril, à New York le WTI est à 103,49 dollars. Au plus haut depuis huit mois. L’impact se fera ressentir dès demain matin à la pompe. Encore un coup de poing dans le niveau de vie des Européens. Well done Sarkobama. Comment en est-on arrivés là? C’est la question à mille euros. L’Occident se croit toujours au XXème siècle, tandis que l’Iran prétend ne recevoir de leçon de personne. Il est évident qu’un programme nucléaire strictement civil ça ne veut rien dire. Le nucléaire est, par essence, militaire également, dès le moment où on maîtrise sa technologie. Mais que dire de l’OTAN qui laisse se constituer de véritables arsenaux nucléaires dans la région (Israël, Pakistan, Inde), sans réagir pour otan? OTAN qui, il n’y a pas si longtemps, imposait à l’Irak voisin son tristement célèbre programme « pétrole contre nourriture », c’est-à-dire hydrocarbure premier choix contre boîtes de conserve périmées. Il ne faut pas trop s’étonner dès lors que l’Iran, qui a pu se refaire une santé depuis que l’Amérique soigne son obésité, montre à présent les muscles, du détroit d’Ormuz au canal de Suez. Et qu’il soit prêt à faire payer l’addition à ceux qui s’attaqueront à ses intérêts. Si escalade il y a, ce qui dépendra de tous les acteurs impliqués, au premier rang desquels l’Iran et Israël, préparons-nous à faire du vélo. Si guerre il y a, sauve qui peut.

Une page de sport pour finir ce journal

En cinquième journée de campagne du championnat présidentiel, l’OMP et le PSG ont fait match nul, 0-0. Le seul fait marquant a été le carton rouge au joueur naturalisé Miklos Sarközy, décerné par l’arbitresse en jupons Marine Le Penalty.

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Hollande : la France d’en pays bas

Il se voit déjà en haut de l'affiche

La campagne est lancée. Et après Sarkozy, Hollande est passé au garage Ferrari. C’est pas du neuf…

Comment relancer l’audimat sur TF1? Avec De Funès puis Bourvil au 20h. On attend avec joie le duo du duel. Sarko lance sa campagne à Annecy, et il tape dans le fromage. Hollande « ment matin et soir ». Venant d’un expert en la matière, on peut lui faire confiance. Hollande répond offusqué à Madame Ferrari: Monsieur Sarkozy « se livre aux attaques, à la falsification, à la caricature ». Mais François se cantonne à sa bonhomie: « Quand j’entends le président sortant donner des leçons de bonne gestion, ça fait sourire ». Certes. « C’est l’homme de la crise, je suis l’homme de la sortie de crise ». Là attention, mensonge par anticipation!

Mais qu’a dit Sarko sur Hollande, au juste? « Quand on dit à la presse anglaise qu’on est libéral et quand on vient expliquer aux Français que l’ennemi, c’est la finance, on ment, on ment matin et soir, et ce mensonge n’est pas à l’honneur de celui qui le professe ». Le plus grand défaut de Hollande, comme dirait Montebourg, c’est sa naïveté. Quand il donne une interview le 14 février au Guardian, il ne s’imagine pas que sa déclaration d’amour à la City sera traduite le click suivant. Voici le Lénine du Bourget redevenu le Tony Blair de Solférino. Aux Anglais qui s’inquiètent de voir, à défaut de chars soviétiques, les sans culottes occuper Paris, le Bourgeois Gentilhomme fait la danse du ventre. Ce qu’il aurait vraiment voulu dire: Mais voyons, y a pas plus de communistes en France qu’il n’y a de socialistes en Angleterre ! Oui, et pour cause. Après avoir été laminés par Mitterrand, attirés par Le Pen, ringardisés par Buffet et ridiculisés par Robert Hue, les voilà récupérés par Mélenchon. Un socialiste! Ancien de l’OCI qui plus est, la bande à Lambert (pas Gérard) bouffeuse de communistes! Et voici le Mélenchon 40 ans plus tard qui fait une OPA entriste sur le PCF! Avec le succès que l’on sait. On va pas pleurer sur les cocos, après tout ils n’ont que ce qu’ils méritent. Mais on est obligé de constater le double langage de Flamby. Pas que ce soit une surprise, mais si tôt ? A peine candidat et déjà Tonton II. Les ouvriers apprécieront. Mais il n’y en a plus au PS. Ou plus beaucoup.

Or le retors président va tout faire pour favoriser Mélenchon. Ca fait reculer Hollande au premier tour. Oui mais au second ? Sarko est un grand diviseur, il a sa petite idée là-dessus. Après la volte face sur le nucléaire et l’incident avec les verts, voici la gaffe sur les gouges et la brouille avec les rouges. Reste plus que la confusion sur la prose et le divorce avec les roses. Bien sûr il est sympathique Hollande, avec son air patelin et sa rhétorique hésitante, et surtout il a dirigé le PS pendant onze ans. Mais il a aussi fait le plein d’ennemis dans son propre camp. L’union actuelle n’est que de façade. Tous ceux qui en ont marre de Sarko voteront Hollande, mais les déçus de la social-démocratie sont nombreux.

La clef du second tour sera l’abstention. Après « ni de gauche ni de droite », le slogan « ni Hollande ni Sarko » sera exploité par l’UMP pour autant qu’il fasse reculer Hollande. A lui de démontrer, à la France d’en bas d’abord, qu’il peut être autre chose qu’un bon bougre. Celle d’en haut s’accommodera toujours du vainqueur. Et après ? Après, à lui de gérer la lutte des classes. C’est dans son contrat. Pas vraiment social, comme on sait.

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Sarkoncordia : Carla et les enfants d’abord

Le capitaine de pédalage

Ca y est c’est fait, le président pas candidat est devenu le candidat plus président, ou peu s’en faut.

Bref, l’interview

« Oui chus candidat à l’élection présidentielle. » Depuis quand? « Il y a plusieurs semaines. » (ça en fait quelques unes depuis 2007) « La France, l’Europe et le monde (il parle du journal?) connaissent une crise sans précédent, une succession de crises, ne pas solliciter la confiance des Français serait un abandon de poste ». Bon sang mais c’est George Clooney dans En pleine tempête! Le capitaine du paquebot France, quand il est à terre, il pilote une Ferrari. Elle avait l’air des mauvais jours Laurence, dubitative, boudeuse, limite gauchiste: « Mais les Français regardent leurs préoccupations, on parlait du chômage qui a augmenté, du pouvoir d’achat qui stagne, que répondez-vous à ces préoccupations très concrètes ? » Mouiouioui, mais on réforme… « Mais pourquoi ne l’avez-vous pas fait avant ? » Sarko: « Mais on peut pas tout faire! On peut pas tout faire en cinq ans! » Enfin, m’dame Ferrari, vous pensez bien… Réponse en off de l’intéressé, les sondages sous les paupières: J’ai travaillé plus pour gagner plus, qu’est-ce tu crois? Et puis Sarko veut soudain faire des référendums. « Je veux que l’on protège les chômeurs en les indemnisant, mais surtout en leur donnant les moyens d’exercer un nouveau métier. Tout ceux qui ont la force de travailler auront un emploi, ceux qui n’en trouvent pas seront en formation professionnelle. » Ca c’est une idée. On recycle les 93 Lejaby dans la maroquinerie et on laisse sur le carreau les 500 de Florange. En tout 6000 emplois vont être supprimés en Europe par ArcelorMittal. Et puis ils va en falloir des profs pour tous ces élèves! Même avec les 60 000 dont parle Hollande, à pratiquement trois millions de chômeurs, ça fait des classes de 50 personnes. Y aura pas d’embauche pour tout le monde. Sur Hollande justement: c’est un méchant m’dame, il passe son temps à « dire du matin au soir du mal des autres« . Conclusion: le capitaine a besoin de tous les matelots, bâbord tribord, ni gauche ni droite Français comme dirait l’autre. « J’ai besoin de tous les Français qui aiment leur pays. » Ouh le chantage! Donc ceux qui ne seront pas sur le pont n’aiment pas leur pays. Il a fait mieux le capitaine Nicolas.

Mais l’image de ce 15 février c’était la grimace accusatrice quasi subliminale de Nathale Arthaud sur les écrans derrière Ferrari, en plein dialogue sur le chômage. Vous ne me croyez pas ? Allez voir, c’est à la 14ème minute: http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-20-heures-du-15-fevrier-2012-6992797.html Un grand secret est révélé: Nonce Paolini est un trotskyste qui fait de l’entrisme à télé Bouygues.

On peut accuser Sarko de beaucoup de choses mais pas d’être bête. Reprendre le slogan de VGE en 1981, poser avec la mer grecque en fond d’affiche, évoquer en pseudo confidence son retrait de la vie politique en cas d’échec (bonjour Jospin), arriver au 20 heures avec Carla qui a le visage pâle terne, tout ça ressemble à une préparation de sortie de scène. Cache-t-il d’autres surprises dans sa botte de pirate? Difficile à croire à présent… Le prochain corsaire vaudra-t-il mieux? Pas sûr, mille millions de mille milliards de mille tonnerres d’euros!

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Règle d’or européenne : aux calandres grecques, on repasse les plats

Acropolis adieu

La grande nouvelle du Sommet du 30/01, c’est l’adoption de la règle d’or par 25 des 27

La petite histoire, c’est que la Grèce est toujours la tête de Turc

Angela Merkel exigeait l’adoption de sa règle d’or budgétaire comme condition de la solidarité financière de l’Allemagne. Elle l’a eue, à l’exception de la République tchèque, trop pingre, et du Royaume Uni, trop anglais. Cet énième traité doit renforcer la discipline budgétaire des Etats membres. Sans blague…

Que prévoit la règle d’or ?

  • Déficit structurel du PIB: 0,5% max.
  • Déficits publics annuels du PIB: 3% max.
  • En cas d’excès de vitesse, amende: 0,1% du PIB du pays chauffard. Die kommissarin Merkel charge la Cour de justice européenne d’être son inspecteur Derrick.

Un texte dans le texte

Alors soyons sérieux ein minute, frau Angela: la règle d’or reprend et amplifie les fameux critères de convergence (dits « critères de Maastricht »):

  • Taux de change: toute dévaluation est exclue. D’où l’essentiel des problèmes de la Grèce.
  • Taux d’intérêt à long terme: ils doivent être inférieurs de 2 % de ceux des trois Etats ayant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.
  • Stabilité des prix: le taux d’inflation de chaque Etat ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celui des trois Etats ayant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.
  • Situation des finances publiques: déficit public annuel inférieur à 3 % du PIB, dette publique inférieure à 60 % du PIB.

Ce dernier point a depuis longtemps été explosé par la plupart des pays de l’U.E. On pourrait faire l’historique, accuser les uns, blâmer les autres. Ce qui compte c’est qu’à l’heure actuelle, seules la Finlande et la Lituanie respectent la totalité des critères de convergence. Même pas trois Etats donc ! Et ces deux-ci sont voisins de la Russie, au taux de croissance tout de même un peu meilleur que l’Europe de l’Ouest… Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, a d’ailleurs jugé cette nouvelle règle d’or « inutile et nuisible ». Il aurait pu ajouter « inopportune, injuste, infondée, improvisée », comme dirait l’autre. La Commission quant à elle avance, comme on pouvait s’y attendre, que cette règle était déjà presque entièrement couverte par la législation européenne. On attend encore l’avis de la Cour de justice.

Et la meilleure actrice de la tragédie européenne est…

Nominée récurrente aux European Razzie Awards, la special guest star du sommet était, trac, suspense, roulement de tambour… la Grèce. La situation budgétaire du pays reste insolvable et Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, voulait placer son gouvernement sous la tutelle d’un commissaire européen disposant d’un droit de veto. Encore un peu et il envoyait un Oberfeldkommandant à Athènes. Proposition évidemment refusée par les Grecs, et rejetée du bout des lèvres par le président français. En attendant, la Grèce continue de mendier les milliards de dernière minute pour éviter un défaut de paiement, tandis que son peuple trime de plus belle. A en croire la journaliste Alexia Kefalas, les Grecs sont acculés au suicide ou à l’exil. Un peu comme Sarkozy. Il a pas un grand-père grec, celui-là ?

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Sarcause toujours

The devil's associate

Sarkozy joue le tout pour le tout: rendez-vous avec les Français et report de candidature, démagogie et hausse de la TVA, ultime recours et porte de sortie. Ca passe ou ça casse. A le voir hier, c’est déjà cassé.

Sur neuf chaînes et pendant plus d’une heure, Sarkozy a essayé hier soir de défendre son bilan pitoyable en rejouant le numéro du grand incompris. La salle des fêtes de l’Elysée avait pour la circonstance un decorum méphistophélique: rideaux rouge sanguin et lambris plaqué or, le tout savamment orchestré dans un jeu d’ombres ténébreux censé impressionner l’audimat. Le président le plus grotesque de la Vème République a voulu justifier son action et celle de son gouvernement, tout en planifiant des mesures antisociales après les élections, en matière d’arrogance en voici un qui n’a de leçon à recevoir de personne. Des mesures dans la lignée de celles que la droite impose depuis des années, voire des décennies (en quoi Mitterrand était-il de gauche ?). Au moins cette fois on sait à quoi s’en tenir. Ce qui était moins habituel, c’était le ton de l’interview. Oh certes, les révérences d’usage et les salamalecs de circonstance n’ont pas manqué, et les deux « économistes » François Lenglet et Jean-Marc Sylvestre ont fait la figuration attendue. Quant à Claire Chazal et Laurent Delahousse, ils ont ressorti leur professionnalisme mielleux. Mais leur ton a désarçonné le chef de l’Etat à plusieurs reprises. De subtiles prises de bec, mais qui sont révélatrices: le vent tourne. Jamais il y a un an, il y a six mois, il y a trois mois encore avec Calvi et Pernaut, on n’aurait vu de journalistes risquer les foudres de Jupiterkozy, prompt à envoyer les journalistes par trop irrévérencieux aux oubliettes. Or hier, les échanges montraient que Sarko n’impose plus la crainte. Pas même le respect.

Delahousse attaque d’emblée sur le soutien de Merkel à Sarkozy. Le pas-encore candidat et déjà-trop président esquive: « Je n’ai pas pour l’instant annoncé quoi que ce soit ni sur ma candidature, ni sur mes meetings ». Ah bon ? Echaudé par les crises à répétition et par son impopularité grandissante, il ne se présenterait pas finalement ? Si seulement c’était vrai. Delahousse embraie sur Lejaby. Des sous-tifs front popu, loin des préoccupations de Carla, Cecilia et Caetera. 93 salariés de l’usine d’Yssingeaux qui s’apprêtent à rejoindre 3 millions de chômeurs. Et Sarko bafouille un « Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby » qui a dû faire des souvenirs du côté de Gandrange. S’en suivent les grands icontournables: hausse de la TVA, hausse de la CSG, hausse du temps de travail. Contrairement à ce que dit Martine Aubry, Sarko n’est pas passé du « Travailler plus pour gagner plus » au « Travailler moins pour gagner moins ». Le véritable slogan de ce président « sincère, lucide et courageux », comme on dit à l’UMP, c’est « Travailler plus pour gagner moins ». La preuve par son énième mesure annoncée sur les accords compétitivité-emploi, qui aboutiraient à la fin des 35 heures. C’est bien un programme d’austérité « à l’Allemande », comme dit Mélenchon. Imposé aux Français « frondeurs et rebelles » comme dit Sarkozy. On n’a pas fini de rire. Sarko tempère sa volée de lois patronales par une promesse de taxe Tobin: 0,1% sur les transactions financières… Monde de la finance, tremble dans tes palaces ! Moment clé de la causerie: à une remarque en douce de Chazal sur son bilan, Sarko réagit au quart de tour: « J’ai le sens du ridicule, Madame Chazal. Ce n’est pas à moi de juger mon propre bilan. C’est aux Français de juger mon bilan. » « Il faudra rendre des comptes… » rétorque impassible, les yeux dans les yeux, la madone du 20 heures. Tu quoque filia mea… De deux choses l’une: soit Sarko, sûr de sa réélection, s’apprête à envoyer Chazal rejoindre PPDA sur France 3, soit Chazal, qui a tout de même le flair pour ces choses, sent que c’est fini pour le Magyar. A la fin de l’entretien, il s’obstine à refuser d’annoncer sa candidature. Il en a peut-être vraiment marre.  « Ne jouons pas au chat et à la souris. Mon intérêt serait de dire voilà, j’ai décidé. Mais je suis président de la République du cinquième pays au monde ! » Dans l’état actuel on dirait plutôt le cinquième pays d’Europe… Pour finir en beauté, Delahousse enfonce le clou sur les 500 parrainages loin d’être acquis par Marine Le Pen. Sarko juge toujours préjudiciable qu’un courant politique ne soit pas représenté. C’est la moindre des choses: c’est ce courant qui lui a permis d’être élu ! Mais, pris une nouvelle fois au dépourvu, il finit par s’énerver : « Vous ne voulez tout de même pas que je m’occupe d’elle ? » Dommage, ça aurait pu faire un couple. Beau ? C’est une autre histoire.

Voici donc Sarkozus Imperator s’apprêtant à franchir le Rubicond, et repoussant l’échéance. Dans son esprit, par période de pleine tempête capitaliste, il faudrait retarder les élections. Et pourquoi pas les annuler ? Car comme on peut l’espérer, à son échec personnel suivra celui de sa majorité. On devrait voir quelques beaux règlements de compte avec les Fillon, Juppé, Copé et compagnie. Quoi d’étonnant pour un type qui a voulu cumuler les rôles de président officiel et de premier ministre officieux ? Mais il ne faudrait pas se réjouir outre mesure. S’il perd, il laissera son programme ultralibéral en héritage à Hollande. S’il gagne, il fera le plein des mécontents. Dans tous les cas ce sont les Français qui devront être, à l’avenir, sincères, lucides et courageux.

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