Archives de Catégorie: Medias

Un an de route

Wifi included

Chers tous, chères toutes, lecteurs permanents, fréquents, occasionnels, MERCI de me lire et de contribuer à la cause du communautarisme rom. Après un an de jambons et aloyaux services, je pose ma caravane pour profiter du printemps et de la pluie.

Une année que je me démène sur les autoroutes de l’information et les chemins buissonniers du net… Je pose mes valises, mon cheval et ma poule pour reclouer mes semelles et recercler mes roues. Histoire de repartir d’un bon pied. Sous quelle formule ? On verra. Mensuelle sans doute, annuelle peut-être, aléatoire sûrement. Le monde et ses folies me saoulent plus que la piquette moldave, le blogging et ses contraintes me gavent pire que le goulasch bohème. Une sieste s’impose. De temps en temps je gazouille un #twit histoire de me faire entendre. Qui m’aime me lise. Depuis mon dernier article du treize mars, Galouzeau de Villepin a été grossièrement exclu de la course à l’échalote, les dix prétendants m’ont bien fait rire à tour de rôle, mention spéciale pour Philippe Poutou, car ce mec a raté sa vocation d’humoriste chez Ruquier, ils ne sont donc plus que deux, et comme chez les gitans d’Ecosse à la Highlander, il ne peut en rester qu’un. Hollande d’après les mathématiques, mais avec le roué retors Nicolas, on n’est pas à l’abri d’une surprise. Je persiste et signe, s’il gagne c’est pas plus mal, ça veut dire plus d’UMP en 2017, car ce keum ne se contente pas de ridiculiser la politique, il anéantit son propre camp. C’est pas bon pour la démocratie, mais le sarkozysme non plus. Si au final il y a une différence en faveur du Magyar et qu’elle est de l’ordre du demi pour cent, le PS pourrait regretter de ne pas avoir donné ses signatures à Villepin. Mais non, rien-zéro comme dit l’autre. Chacun ses problèmes. Pour l’heure on accuse déjà Hollande a priori d’être assuré d’être élu avec moultes voix lepénistes. Qu’ils se débrouillent tous avec ce qu’ils ont créé, les mitterrandiens avec le FN, Juppé avec l’UMP.

Sur ce latcho drom, drum bun, bonne route, et à un de ces jours.

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Survivre avec les loups : le remake de France 2

Mea culpa, Madame 2 France

Un journaliste braconnant le loup sur internet et pris sur le fait par un Canard enchaîné, ça mérite d’être cancané. Surtout qu’on parle pas mal de viande ces temps-ci.

Awououou… awouou… Des loups j’en croise du haut de ma roulotte : du gentil loulou au big bad wolf, en passant par le prédateur enragé. Rien de commun avec son équivalent humain toutefois: un caillou sur la gueule l’envoie hurler ailleurs.

Le loup et le Canard, fable de Jean de la Toile

Le Journal satirique paraissant le mercredi nous apprend dans son n° 4767, par la plume de Christophe Nobili («Loup y es-tu, sur France 2», page 4), que dans son 20 heures du 25 février, Marie Drucker a diffusé un reportage bidonné, sur le loup transi par le froid, par un osso buco alléché, soudain sorti du bois, filmé par le smartphone perché. Pas une erreur de montage : du vrai bidon. Ainsi donc Renaud Bernard, correspondant  en Italie, en mal d’inspiration, est parti entre chien et loup du côté des Abruzzes à la recherche du lupo. L’a-t-il croisé? C’est ce qu’il feint. D’abord un Ysengrin efflanqué dans un village de montagne, puis deux canidés affamés dans la lande. Deux récupérations grotesques. Les deux vidéos viennent de Youtube, la première a été postée le 7 février 2011, la seconde le 29 décembre 2010. Et le «journaliste» nous présente ça comme étant son boulot. La pauvre Marie Drucker n’y a vu que du feu.

Chassez le naturel, il revient en meute

Un faux précédent impliquant le chasseur à quatre pattes avait fait beaucoup de bruit sur internet en 2008. C’était d’une autre ampleur. Survivre avec les loups, le récit «autobiographique» de Misha Defonseca, best seller adapté au cinéma par Véra Belmont, racontant l’histoire d’une petite fille pendant la Seconde Guerre mondiale adoptée par des loups, dans un remix de Mowgli et d’Anne Frank, s’est révélé être une histoire inventée comme l’a reconnu son auteur. Bonne pioche quand même: 200.000 exemplaires du livre ont été vendus dans sa version française.  A l’heure d’internet, plus de temps à perdre à écrire des bouquins. On va directement à la source des vidéos en ligne. Evidemment les internautes s’en rendent compte assez vite et peut-être que Renaud Bernard a voulu jouer avec le feu, quitte à se brûler le museau. Le plus étonnant dans cette histoire est qu’elle est éventée par Le Canard enchaîné, journal qui refuse mordicus d’apparaître sur le net autrement que par un site vitrine avec sa une hebdomadaire. Histoire d’aller acheter le journal chez le libraire du coin coin. Il faudra bien que tôt ou tard il revoie sa formule, d’autant qu’il parle d’autres sujets ô combien intéressants, comme le titre Erik Emptaz: «La campagne régresse au stade halal !». Sarko était mardi sur France 2 justement, pour sans doute une de ses dernières apparitions comme président. Tel un wolfie sorti de Tex Avery, le bling prèz a fait son mea culpa, sans paraître crédible. Il ne va pas être raté par le prochain Canard. Le loup lui il s’en fout. Halal, kasher ou ordinaire, il ne fait pas le difficile avec la viande.

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Le slogan de DSK : Léchant je mens, ses mains tenant

I want to present her DSK

 33. L’âge du Christ. Et le nombre d’heures passées par DSK en garde vue. Ressorti libre des locaux de la gendarmerie de Lille, son calvaire reprend le 28 mars en France, et avant ça, le 15 mars aux Etats-Unis.

On en a appris un peu plus sur le cas DSK à l’occasion de sa garde à vue prolongée pour complicité de proxénétisme et recel d’abus de biens sociaux. Fabrice Paszkowski et David Roquet, deux entrepreneurs du Pas-de-Calais, organisaient des soirées échangistes avec DSK chez les Chtis. Le 25 janvier, David Roquet expliquait aux juges, les larmes aux yeux, quel manque à gagner a été l’arrestation de DSK à New York : «Un point d’arrêt. (…) DSK était pour moi un investissement à très long terme, un bel investissement qui s’effondrait d’un coup pour moi». Fabrice Paszkowski était quant à lui en contact avec les chargés de «relations» de DSK, dans la politique et dans la police. Les enquêteurs tentent d’établir maintenant si DSK savait que les femmes qui participaient à ces partouzes étaient des prostituées ou, comme l’avance le principal intéressé, des libertines. On attend avec impatience l’avis de Mylène Farmer. Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, a son idée sur la question. «Je pense que c’est un problème crucial pour l’humanité et cela va tout changer si on le sait». Ca, pour sûr, il est dans  la saumure jusqu’au cou, ouille. Mais il prépare sa riposte. Son dernier fidèle François Pupponi, député-maire de Sarcelles, l’a appelé à Lille : «Tu sens que derrière, ça fuite de partout. Et quant aux journalistes, c’est…». «C’est vraiment des pourris, tous», l’interrompt DSK, en ajoutant : «Ceci dit, on ne va pas les rater». Ca, pour sûr, lui il est frais comme l’arroseur à rosée. Je vais faire ma petite enquête, après ce que je suis en train de faire et puis on va rigoler, je te jure…», reprend Pupponi. «Fais juste gaffe un peu aux écoutes téléphoniques», prévient DSK. Ca, pour sûr, des fois qu’une énième affaire émerge… Ecoute réalisée sans trucages par Le Monde.

On pourrait penser qu’entre adultes consentants ils font ce qu’ils veulent. De toute façon Anne Sinclair s’en tape. Le contribuable, pas sûr. Restent Tristane Banon, affaire classée, en tout cas en justice, et Nafissatou Diallo. Le 15 mars, retour par la case New York. C’est la date de la première audience en procédure civile dans l’affaire Diallo, au tribunal du Bronx, comme dans les séries B. Dans leur plainte, les avocats de Diallo demandent des dommages et intérêts pour l’agression «sadique et violente» de la femme de chambre le 14 mai 2011. Ainsi va le destin de DSK, passé en quelques moins des déjeuners mondains à la brigade mondaine.

François Bayrou, sort de ce corps

Pendant ce temps la campagne présidentielle bat son plein et les noms d’oiseaux battent des ailes. Marine Le Pen n’a pas de mots assez halals pour les membres du Conseil constitutionnel, et écorche au passage Jean-Luc Mélenchon, «l’idiot utile.» Mélenchon éructe contre Madame Le Pen : «Que vous êtes bête.» « Et Corinne Lepage qui dit que vous désertez la promesse écologique, vous lui dites quoi à Corinne Lepage?»demande le journaleux pourri à Eva Joly. Qui lui répond: «J’l’emmerde.» Encore plus beau avec l’accent. Traduction en norvégien: jeg knuller. Joli, non? -Er det ikke? -Ja. Quant au président Nicolas, invité du journal ripou de France 2, il est enfin interrogé sur la désormais légendaire soirée au Fouquet’s. Si cha… cha… ch’avais su, ch’aurais papas v’nu, dans ce… ce restraurant. T’inquiète pas Nicolas, on n’a pas dit que t’es allé au Carlton. Mais c’est drôle, l’espace d’un instant, on aurait cru entendre François Bayrou.

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Hollande : la France d’en pays bas

Il se voit déjà en haut de l'affiche

La campagne est lancée. Et après Sarkozy, Hollande est passé au garage Ferrari. C’est pas du neuf…

Comment relancer l’audimat sur TF1? Avec De Funès puis Bourvil au 20h. On attend avec joie le duo du duel. Sarko lance sa campagne à Annecy, et il tape dans le fromage. Hollande « ment matin et soir ». Venant d’un expert en la matière, on peut lui faire confiance. Hollande répond offusqué à Madame Ferrari: Monsieur Sarkozy « se livre aux attaques, à la falsification, à la caricature ». Mais François se cantonne à sa bonhomie: « Quand j’entends le président sortant donner des leçons de bonne gestion, ça fait sourire ». Certes. « C’est l’homme de la crise, je suis l’homme de la sortie de crise ». Là attention, mensonge par anticipation!

Mais qu’a dit Sarko sur Hollande, au juste? « Quand on dit à la presse anglaise qu’on est libéral et quand on vient expliquer aux Français que l’ennemi, c’est la finance, on ment, on ment matin et soir, et ce mensonge n’est pas à l’honneur de celui qui le professe ». Le plus grand défaut de Hollande, comme dirait Montebourg, c’est sa naïveté. Quand il donne une interview le 14 février au Guardian, il ne s’imagine pas que sa déclaration d’amour à la City sera traduite le click suivant. Voici le Lénine du Bourget redevenu le Tony Blair de Solférino. Aux Anglais qui s’inquiètent de voir, à défaut de chars soviétiques, les sans culottes occuper Paris, le Bourgeois Gentilhomme fait la danse du ventre. Ce qu’il aurait vraiment voulu dire: Mais voyons, y a pas plus de communistes en France qu’il n’y a de socialistes en Angleterre ! Oui, et pour cause. Après avoir été laminés par Mitterrand, attirés par Le Pen, ringardisés par Buffet et ridiculisés par Robert Hue, les voilà récupérés par Mélenchon. Un socialiste! Ancien de l’OCI qui plus est, la bande à Lambert (pas Gérard) bouffeuse de communistes! Et voici le Mélenchon 40 ans plus tard qui fait une OPA entriste sur le PCF! Avec le succès que l’on sait. On va pas pleurer sur les cocos, après tout ils n’ont que ce qu’ils méritent. Mais on est obligé de constater le double langage de Flamby. Pas que ce soit une surprise, mais si tôt ? A peine candidat et déjà Tonton II. Les ouvriers apprécieront. Mais il n’y en a plus au PS. Ou plus beaucoup.

Or le retors président va tout faire pour favoriser Mélenchon. Ca fait reculer Hollande au premier tour. Oui mais au second ? Sarko est un grand diviseur, il a sa petite idée là-dessus. Après la volte face sur le nucléaire et l’incident avec les verts, voici la gaffe sur les gouges et la brouille avec les rouges. Reste plus que la confusion sur la prose et le divorce avec les roses. Bien sûr il est sympathique Hollande, avec son air patelin et sa rhétorique hésitante, et surtout il a dirigé le PS pendant onze ans. Mais il a aussi fait le plein d’ennemis dans son propre camp. L’union actuelle n’est que de façade. Tous ceux qui en ont marre de Sarko voteront Hollande, mais les déçus de la social-démocratie sont nombreux.

La clef du second tour sera l’abstention. Après « ni de gauche ni de droite », le slogan « ni Hollande ni Sarko » sera exploité par l’UMP pour autant qu’il fasse reculer Hollande. A lui de démontrer, à la France d’en bas d’abord, qu’il peut être autre chose qu’un bon bougre. Celle d’en haut s’accommodera toujours du vainqueur. Et après ? Après, à lui de gérer la lutte des classes. C’est dans son contrat. Pas vraiment social, comme on sait.

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Elle(s) : Tapiner plus pour gagner plus

Audrey est habillée par Rose Réséda

Elle est sous les feux de la rampe. Un article chic et un film choc (à moins que ce soit le contraire) mettent le magazine féminin en devanture des blog battles. Actualité chargée pour le mag qui fait des jalouses.

Elle, le plus célèbre des magazines féminins, est accusé de racisme après la controverse provoquée par un article sur la mode noire. Supplément pas gratuit, le mag est aussi présent au cinéma avec un film sur la prostitution étudiante.

La démondialisation des french cancans

Le 13 janvier, le magazine a le malheur de publier  « Black fashion power », un article signé Nathalie Dolivo. Face aux vives réactions et aux nombreux commentaires, l’article a été retiré du site elle.fr. Parlant de la mode chez les noirs américains, la journaliste y affirmait que « pour la communauté afro, le vêtement est devenu une arme politique. (…) Dans cette Amérique dirigée pour la première fois par un président noir, le chic est devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear. (…) Mais, si, en 2012, la ‘black-geoisie’ a intégré tous les codes blancs, elle ne le fait pas de manière littérale. (…) La communauté afro a intégré les valeurs des Blancs. Ce look est bourgeois, avec une référence ethnique (un boubou en wax, un collier coquillage, une créole de rappeur) qui rappelle les racines », citant en exemple des stars représentatives de ce style (Rihanna, Nicki Minaj, Erykah Badu, Kelly Rowland, etc.). C’en était trop. Dès sa parution, l’article déclenche des réactions aux Etats-Unis. Le New York Magazine évoque une généralisation « gênante » sur le style black, le Huffington Post y voit des « déclarations controversées, stéréotypées et insultantes », le New York Daily News parle d’un « traitement raciste » et répond à Elle par un: « Fermez la bouche! » (traduction littérale de « Shut your mouth »: les Américains croient parler français quand ils utilisent Google translate…). Réactions indignées en France aussi, dont celle d’Audrey Pulvar, autrefois journaliste, devenue chroniqueuse people chez Ruquier depuis qu’elle est la  Montebourg à la ville. Jeudi 26 janvier sur France Inter, Pulvar dénonce vertement un article « dont la bêtise et l’inanité ne tarderont pas à servir de modèle du genre « papier de merde » dans les écoles de journalisme. (…) L’article imbécile et raciste de Elle provoque à juste titre l’indignation et les moqueries de milliers d’internautes en France, comme aux États-Unis, où il est relayé par plusieurs sites. Des excuses sont-elles une option plausible pour ce journal ? Affaire à suivre. » Elle est impardonnable d’avoir osé déshabiller la sacro-sainte communauté noire. Valérie Toranian, directrice de la rédaction, s’excuse pourtant bien bas: « Si cet article a pu choquer ou blesser certaines personnes nous en sommes profondément désolés car ce n’était nullement notre intention, au contraire. Nous regrettons vivement ce malentendu. »  Nathalie Dolivo fait nonetheless son mea culpa : « Depuis la parution de mon papier, les commentaires sont nombreux. Souvent virulents, voire violents et insultants. J’en suis extrêmement peinée car ils relèvent pour moi du contresens. Ils témoignent en tout cas d’un profond malentendu dont je suis tout à fait désolée. L’article se voulait positif : il s’agissait de mettre en avant ces nouvelles figures qui affolent et fascinent l’industrie de la mode, de l’entertainment et du show-business. » Rien n’y fait. Le magazine continue d’être dénoncé sur le net. Trop blanc, trop glacé, trop cher. On n’y voit pas une seule noire en couverture, est-ce normal ? Sans doute était-ce justement le but de Dolivo: s’attacher un nouveau lectorat black-bourgeois en exposant le phénomène bien réel du streetwear, ce code de la rue qui a gagné les suffrages des djeuns de toutes les couleurs. La mode de la rue sortie des ghettos a gagné les gratte-ciels, de Nike à Abercrombie, d’Adidas à Donna Karan. C’est raciste de dire ça? La vérité c’est  que Dolivo sert de tête à claques pour une Pulvar impétrante. Yo. Finalement il n’y a pas que chez les blanches qu’on trouve des pétasses, et ça c’est rassurant.

Du streetwear au strip tease

Mais cette semaine Elle est aussi au cinéma. Elles, titre du film, parle d’un sujet plus grave que les nunucheries streetwear: le phénomène croissant de la prostitution chez les étudiantes. Juliette Binoche y incarne Anne, journaliste dans un grand magazine féminin, préparant un article sur la question. Deux étudiantes se confient à elle sans aucun tabou, au point que la journaliste s’interroge sur sa propre vie, ses frustrations et ses fantasmes. Le film est, comme dit la formule, une fiction sur un phénomène réel. Comment expliquer qu’aujourd’hui, dans le « pays des droits de l’homme », des jeunes femmes en viennent à vendre leur corps pour financer leurs études, autrement dit pour se préparer un avenir meilleur ? Pour beaucoup d’entre elles, l’avenir est déjà bousillé. Entrées étudiantes à la fac, elles en sortent putes, avec ou sans diplôme. De toutes façons, même avec diplôme, sans travail. Alors autant continuer à tapiner. Jusqu’à ce que les suivantes prennent leur place.  Avec des différences inévitables: activité occasionnelle pour jeunes femmes qui ne parviennent pas à payer leur loyer, comme des cas de working girls à 1000 euros la passe, ou encore certaines « étudiantes » qui proposent de se connecter à un site internet pour un strip tease privé, en passant d’abord au vestiaire, c’est-à-dire par un site de paiement en ligne. Le statut d’étudiante peut alors servir de paravent idéal pour un véritable business. En 2004, la Brigade de Répression du Proxénétisme avait ainsi démantelé un réseau de jeunes Marocaines. Fausses étudiantes, elles avaient toutes leur carte universitaire, ce qui leur permettait d’avoir un permis de séjour. Vraies prostituées, elles n’étaient pas très assidues aux cours. L’université antichambre du bordel… Il faut que la société française soit bien malade pour en être là. Voilà que le corps social se coltine des maladies vénériennes. Le stade précédent sa désagrégation.

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Strauss sans Kahn, Le Pen sans 500

Pour 500, je te fais un prix !

Marine Le Pen n’a pas ses 500 signatures. On crie au bluff dans les médias. Pourtant la stratégie de Sarkozy se révèle au fur et à mesure de cette affaire.

Une signature, siouplait...

En 1962 avait lieu la première élection du président de la république au suffrage universel. Le principe du parrainage par signatures d’élus fut alors promulgué pour limiter le nombre de candidatures et éviter les prétentions farfelues. Le nombre de « parrains » nécessaire était de 100. En 1976 Giscard le fait passer à 500 et décide de rendre publique l’identité des signataires. Depuis, le fauteuil cheije de l’Académie franchaije n’en démord pas. Qu’il soit difficile pour les petits candidats d’obtenir ce sésame n’est pas étonnant, rien ne les empêche pourtant de se présenter. Ainsi Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière et son 0,5% d’intentions de vote est presque assurée d’avoir les 500. D’autres, Poutou, Boutin, Morin, Perlimpinpin… bataillent ferme pour les avoir. Le grand petit Villepin, qui se qualifie lui-même de « candidat à 1% dans les sondages », boycotté par l’UMP, tente de recueillir les près de 400 signatures récoltées par Chevènement, caduques depuis son retrait le 1er février. Elles sont aussi sollicitées par Marine Le Pen. Pourtant là on est dans du lourd. Tournant autour de 20% dans les sondages, on supposerait que ses parrainages ne soient qu’une formalité. Or elle n’en a jusqu’ici que 350. On crie au bluff dans les médias, disant que le FN a toujours fait le coup. Faux. En 2007 le père Le Pen avait pu se présenter ric rac, avec à peine 507 signatures. D’où sa menace dans le Journal Du Dimanche: « Je pense que si ma fille ne peut pas être candidate, ce sont plus de 20% des électeurs qui ne pourront s’exprimer. Ce serait la fin de M. Sarkozy. Il serait battu. Les électeurs du Front national ulcérés ne le lui pardonneraient pas et ils ne seront pas les seuls« . Selon le sondage Ifop-JDD en une du journal, cette hypothèse ramène Sarkozy et Hollande à égalité avec 33% chacun, pour 22 % d’abstention. En supposant que papa Le Pen se trompe et que les électeurs FN ne se reportent pas sur Hollande, ou qu’ils s’abstiennent, ce serait gagné pour Sarko. C’est le calcul machiavélique du minuscule Nicolas. C’est dans ce contexte délétère que le ministre de l’Intérieur Claude Guéant affirme que « Toutes les civilisations ne se valent pas », samedi 4 février, à un colloque organisé par l’UNI (Union nationale inter-universitaire, le syndicat étudiant créé par Jacques Foccart et Charles Pasqua en réaction à mai 68). Propos réaffirmés à l’aune des 500 signatures. Claude Guéant, après Brice Hortefeux et avant Jean-Marie Bigard, braconne sur les terres frontistes sur ordre du suzerain. Rapportera-t-il suffisamment de voix ? Le cas échéant, en sa qualité d’hôtelier de Beauvau, fera-t-il main basse sur les urnes, si le résultat final était trop tangent ? Toujours est-il que la stratégie de l’Elysée devient plus claire après la une du JDD.

In vino veritas.

Attendons voir… Si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, ce serait savoureux de l’entendre appeler à voter Hollande. Qui lui-même appellerait à ne pas voter Sarkozy. Lequel accuserait son rival de national-socialisme. Par ces temps de crise de la crise, le mot d’ordre est à l’épargne: pas question de se payer le luxe de changer les équipes, de Washington à Pékin, de Paris à Berlin. Obama, Hu, Merkel et Sarkozy semblent devoir être là pour un long moment encore, qu’on le veuille ou non. Mais quoi de plus normal que ceux qui ont aggravé la crise en subissent les conséquences ? Dominique Strauss-Kahn a sa condamnation symbolique: Abel Ferrara prépare un film sur l’affaire du Sofitel avec Gérard Depardieu en directeur du FMI. Et Sarko ? Qu’il soit réélu s’il le faut ! Mal, de travers, faussement, peu importe. « Que la crise s’aggrave », dixit François Partant. Et que Nicolas, qui a horreur du vin, boive le calice jusqu’à la lie.

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Al Masry-Al Ahly 3-1 : 74 morts

Match amical dans l’Egypte ancienne

Football et violence, liaison fréquente. Le tragique événement d’Egypte y donne une nouvelle dimension.

Je terminais hier mon article par une métaphore sur le football dans le soi-disant printemps arabe. La réalité m’a aussitôt confirmé. Hier donc, les Port-Saïdiens d’Al Masry recevaient les Cairotes d’Al Ahly, leaders du championnat égyptien, dans un derby qui enflamme les passions. L’équipe locale l’emporte 3-1 sur les visiteurs. S’en suit une violence générale. Du jamais vu.  Empoignades dans les gradins, courses poursuites sur le terrain. Les joueurs sont évacués mais la foule est prise au piège: dans la panique, des victimes sont piétinées, d’autres chutent des gradins. Sur les images, les policiers restent étonnamment calmes. Pour les opposants au chef de l’Etat, le maréchal Tantaoui, les hommes de Moubarak sont toujours au pouvoir, et veulent faire sombrer le pays dans l’anarchie. Le problème de la violence dans le foot égyptien n’est pas nouveau. On sait que chaque rencontre opposant les deux grands d’Afrique du Nord, l’Egypte et l’Algérie, sont à haut risque. Le match du 14 novembre 2009 est entré dans les annales. Organisé en « terrain neutre », à Khartoum (Soudan), les Fennecs l’ont emporté sur les Pharaons 1-0, l’Algérie s’est qualifiée pour le Mondial aux dépens de l’Egypte. Heurts entre les supporters à l’issue du match, comme à chaque rencontre entre les deux équipes. Quasi unique échappatoire pour les désoeuvrés, opium du peuple sur prescription d’Etat, le foot a fini par affoler les foules. La rue est surexcitée par internet. Des vidéos mises en ligne montrent des stades en délire, des jeunes brûlant des drapeaux, jusqu’à l’agression des joueurs algériens par des supporters égyptiens au Caire. Le phénomène du hooliganisme est mondial, mais son instrumentalisation par les politiciens et les médias égyptiens pose question. Pour certains, Djamel Moubarak n’a pas pu succéder à son père car son pays n’a pas été qualifié pour la coupe du monde. Hosni lui-même aurait subi la désaffection du peuple puisqu’en plus de subir une double pression économique et démographique, l’Egypte perd au foot.

Un actionnaire d’honneur de Facebook S.A.

Place Tahrir, on se rassemble pour manifester, comme pour célébrer les victoires d’Al Ahly. Dans un pays où toute opposition était muselée, les seuls à avoir une expérience de l’affrontement avec la police, ce sont les supporters. Il y a un an exactement, le 2 février 2011, ce sont eux qui avaient organisé la riposte à la charge à dos de dromadaires et de chevaux des partisans de Moubarak. Le 21 novembe dernier, ils ont à nouveau rejoint les manifestants: les affrontements avec la police ont fait 33 morts. Tantaoui a-t-il voulu venger ces affronts par la tragédie d’hier ? « Ce genre d’événements peut se produire partout dans le monde mais nous ne laisserons pas les responsables s’en sortir », promet-il sur la chaîne de télévision d’Al Ahly. S’il n’a pas de responsabilité dans le drame, est-ce qu’il a perdu la main dans l’armée ? « Ce n’est pas du football. C’est la guerre et des gens meurent sous nos yeux. Il n’y avait aucun dispositif de sécurité, pas d’ambulances », a réagi le joueur Abo Treika sur la même chaîne. Une guerre civile peut débuter dans un match de foot. Le 13 Mai 1990 le Dinamo de Zagreb rencontre l’Etoile Rouge de Belgrade. La bataille rangée sur le terrain entre supporters des deux camps va symboliser la haine entre Serbes et Croates. L’ambiance est aujourd’hui la même en Egypte, mais ce n’est pas un conflit inter ethnique. Pas même inter religieux. Le pays est surpeuplé: 80  millions d’habitants, avec une densité de 80 habitants par kilomètre carré. 8 Egyptiens par 100 m². On se marche littéralement dessus. L’Egypte est ingérable, quel que soit le vainqueur des futures élections. Il est probable qu’après avoir persécuté les coptes, les musulmans se battront entre eux, car le Nil ne peut pas nourrir toute la population. La situation est telle que le football sert de prétexte aux déchaînements de colère. A l’annonce des violences à Port-Saïd, l’arbitre du match Zamalek-Ismaïlia a interrompu cette autre rencontre, au Caire. Du coup des supporters ont incendié le stade. Il suffirait d’un match qui dégénère entre Port-Saïd et Ismaïlia pour enflammer la zone du canal de Suez, où se situent les deux villes.

« L’Egypte sera stable », promet Tantaoui. Mohamed Ibrahim, ministre de l’Intérieur, a annoncé que 47 personnes avaient été interpellées. Ca ne suffira pas pour ramener le calme. L’Egypte est sur la voie des tourbillons dans une région où les maîtres du monde rebattent frénétiquement les cartes. C’est dans ce contexte que Mark Zuckerberg fait un pouce levé aux millions de miséreux qui s’accrochent à Facebook comme à la croix ansée, et qui ont grandement contribué à  la croissance du réseau social, estimé à 100 milliards de dollars pour son introduction aujourd’hui à la bourse de New York.

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