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Survivre avec les loups : le remake de France 2

Mea culpa, Madame 2 France

Un journaliste braconnant le loup sur internet et pris sur le fait par un Canard enchaîné, ça mérite d’être cancané. Surtout qu’on parle pas mal de viande ces temps-ci.

Awououou… awouou… Des loups j’en croise du haut de ma roulotte : du gentil loulou au big bad wolf, en passant par le prédateur enragé. Rien de commun avec son équivalent humain toutefois: un caillou sur la gueule l’envoie hurler ailleurs.

Le loup et le Canard, fable de Jean de la Toile

Le Journal satirique paraissant le mercredi nous apprend dans son n° 4767, par la plume de Christophe Nobili («Loup y es-tu, sur France 2», page 4), que dans son 20 heures du 25 février, Marie Drucker a diffusé un reportage bidonné, sur le loup transi par le froid, par un osso buco alléché, soudain sorti du bois, filmé par le smartphone perché. Pas une erreur de montage : du vrai bidon. Ainsi donc Renaud Bernard, correspondant  en Italie, en mal d’inspiration, est parti entre chien et loup du côté des Abruzzes à la recherche du lupo. L’a-t-il croisé? C’est ce qu’il feint. D’abord un Ysengrin efflanqué dans un village de montagne, puis deux canidés affamés dans la lande. Deux récupérations grotesques. Les deux vidéos viennent de Youtube, la première a été postée le 7 février 2011, la seconde le 29 décembre 2010. Et le «journaliste» nous présente ça comme étant son boulot. La pauvre Marie Drucker n’y a vu que du feu.

Chassez le naturel, il revient en meute

Un faux précédent impliquant le chasseur à quatre pattes avait fait beaucoup de bruit sur internet en 2008. C’était d’une autre ampleur. Survivre avec les loups, le récit «autobiographique» de Misha Defonseca, best seller adapté au cinéma par Véra Belmont, racontant l’histoire d’une petite fille pendant la Seconde Guerre mondiale adoptée par des loups, dans un remix de Mowgli et d’Anne Frank, s’est révélé être une histoire inventée comme l’a reconnu son auteur. Bonne pioche quand même: 200.000 exemplaires du livre ont été vendus dans sa version française.  A l’heure d’internet, plus de temps à perdre à écrire des bouquins. On va directement à la source des vidéos en ligne. Evidemment les internautes s’en rendent compte assez vite et peut-être que Renaud Bernard a voulu jouer avec le feu, quitte à se brûler le museau. Le plus étonnant dans cette histoire est qu’elle est éventée par Le Canard enchaîné, journal qui refuse mordicus d’apparaître sur le net autrement que par un site vitrine avec sa une hebdomadaire. Histoire d’aller acheter le journal chez le libraire du coin coin. Il faudra bien que tôt ou tard il revoie sa formule, d’autant qu’il parle d’autres sujets ô combien intéressants, comme le titre Erik Emptaz: «La campagne régresse au stade halal !». Sarko était mardi sur France 2 justement, pour sans doute une de ses dernières apparitions comme président. Tel un wolfie sorti de Tex Avery, le bling prèz a fait son mea culpa, sans paraître crédible. Il ne va pas être raté par le prochain Canard. Le loup lui il s’en fout. Halal, kasher ou ordinaire, il ne fait pas le difficile avec la viande.

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Mini-Juppé : les plaisanteries les plus courtes ne sont pas celles du…

..."meilleur d'entre nous"

 -« Sarko… »

-« Vous voulez dire Monsieur Sarkozy? »

-« Pardon? »

-« Monsieur Sakozy? »

-« Ah! vous l’avez dit! »

Et soudain le visage d’Alain Juppé s’éclaira, comme aux trop rares occasions de ses cuites au Bordeaux.

Flamby a cité le nom du pas-encore-candidat président! Il se voit déjà élu! Quelle arrogance! Quelle suffisance! Quel déni de démocratie!

Alain Juppé, président de l’amicale des têtes à claques

En mission impassible hier soir sur France 2, le ministre des affaires étrangères devait rapporter du gibier à son maître. Aujourd’hui il est content Sarko. Il est au plus bas dans les sondages mais il est content. Juppé l’a fait citer par son adversaire un peu niais qui s’était juré de ne pas le nommer avant qu’il ne se déclare (le Sarko, tout le monde suit). Pauvre Juppé: éternel Poulidor de la droite présidentielle. En 1995, premier Premier ministre de Jacquot, Chirac avait tiré sur la corde bordelaise au point de frôler qu’elle se casse: le « plan Juppé » prévoyait déjà l’allongement des cotisations de retraite et une réforme des droits de santé. Résultat: impopularité record et mouvement de grèves sans précédent qui fait plier Jup’ en décembre. Comme si ça ne suffisait pas, il est accusé en 1998 dans l’affaire des emplois fictifs, en tant que maire adjoint de Paris de 1983 à 1995. Et condamné (quatorze mois de prison avec sursis plus un an d’inéligibilité) à la place du patron… En bon maso, il fonde l’U.M.P. en 2002 pour servir à la réélection de Chichi, sans se douter que ce parti servira surtout les intérêts de Sarko. Soit: après sa traversée du désert canadienne, notre glaçon bordelais remet ça en 2007 en prêtant allégeance au nouveau chef. Neutralisé ministre du superministère de… l’écologie, Alain se prend une nouvelle baffe (à force, les électeurs ont compris qu’il aime ça) dans son propre fief, par une tâcheronne socialiste fille à papa, Michèle Delaunay. Toujours fusible, Jup’ saute. Ambitionnant un destin à sa taille quelque part entre 2017 et 2122, en 2010 Jup’ revient vers son maître. La gueule haute et les oreilles dressées cette fois. Ce sera ministre régalien ou rien. Galop d’essai sado à la défense. Stage concluant et remplacement du savoir faire de Michèle Alliot-Marie. « Oké Alain, ch’sais qu’t’es bosseur, va pour les affaires étrangères, et si en plus tu fais oublier Villepin, i s’pourrait bien que tu m’succèdes à moi-même… ». Jup’ se voit déjà candidat à la candidature aux primaires UMP. Encore raté, les primaires c’est en face. En attendant il accroche le trophée de Kadhafi à son tableau de chasse. Un peu facile de tirer le vieux lion gâteux dans les égouts bombardés, mais il s’acquitte de sa tâche néo-coloniale avec zèle et humanisme, c’est tout ce qu’on lui demandait. Quelque grognements sur la Syrie, quelques marches funèbres pour des tombés pour la France, Jup’ bosse et fait de son mieux pour complaire au boss. Sarko lance alors un os à ronger à Jup’: « Mon bon Alain, chuis pas en forme, et puis ch’ai un plan com’ que ch’prépare depuis le 7 mai 2007. Ce soir y a Hollande sur France 2, lui il est en forme et il veut pas m’nommer. Comme c’est un rigolo tu vas l’ridiculiser en lui faisant dire mon nom ». « Wouf mon salaud d’maître ». Mission accomplie donc.

Et à part ça, qu’est-ce qu’on retiendra de cette confrontation digne de l’UMPS? Pas grand chose et tout le monde le sait. Juppé a essayé de coincer Holande sur le programme PS sans révéler celui de l’UMP. A tous les coups c’est austérité gagnante. Ca convient bien à l’austère Jup’, un peu moins au sémillant Hol’ qui promet retraite à 60 ans, profs heureux, immigrés régularisés, toit pour tous, dette et croissance simultanées, du pain et des roses… Pas crédible une seconde mais au fond l’électeur s’en fout. Ce qu’il veut dans sa majorité c’est virer l’innommable. Je l’ai déjà dit, la grande chance de Flamby c’est que n’importe qui pourrait battre Sarko. Alors pourquoi pas n’importe qui. Au bout du compte, la dernière carte restant au président sera d’essayer de rééditer le coup du 21 avril 2002. Mais attention: j’ai dit « n’importe qui pourrait battre Sarko ».

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DSK cite Serge Gainsbourg devant un public de péquins

No comment

Costard cravate, visage rasé, démarche relax, on prend le même et on recommence, comme si de rien n’était. A Pékin aujourd’hui, DSK enterrait sa vie de mauvais garçon. Ou du moins, il tâchait de faire bonne figure…

L’image qui tourne en boucle depuis ce matin a quelque chose de surréaliste. DSK, c’est une poupée russe. En avril il ne se découvre pas d’un fil, costard cravate de rigueur, en mai il fait ce qui lui plaît, look Harlem Shuffle version Rikers Island, en octobre la gelée le rend sobre, barbe de trente trois jours aux primaires socialistes, en décembre il cache son membre, avec une cravate rose tout de même.

Invité par le site chinois NetEase à un forum économique, c’est, évidemment, l’économiste Strauss Kahn, ancien directeur du FMI, qui venait parler de la crise dans la zone euro. Au passage, c’est un excellent coup de pub pour ce géant d’Internet, à la tête du portail 163.com, très populaire dans l’Empire du milieu (la valeur du groupe est estimée à 761,6 millions de $), qui se préoccupe moins de la succession dynastique en Corée du Nord que de sa capitalisation boursière au NASDAQ. Du donnant donnant donc, DSK trouvant là une occasion rêvée, et peut-être unique, de se refaire une virginité médiatique. Dans un discours en anglais de quarante-cinq minutes, l’ancien impétrant potentiel aux primaires socialistes a été très critique envers les mesures de sauvetage prises au sommet de Bruxelles de ces 8 et 9 décembre: « Nous voyons les pays européens passer d’un plan à un autre, d’un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance ». Répondant à des questions d’internautes, DSK a embrayé dans un ton rappelant un certain pédalo cher à Jean-Luc Mélenchon:  « Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant. Le fait que l’euro soit encore au milieu de la rivière et que l’union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable, et le radeau semble sur le point de sombrer », a-t-il affirmé en parlant de l’eurozone, ajoutant au passage une double pique au couple franco-allemand: « Je ne suis pas persuadé que Monsieur Sarkozy et Madame Merkel se comprennent bien entre eux et c’est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer ». Las ! L’histoire ne nous dira jamais si Angela aurait préféré les cours de langue version DSK aux baisemains appuyés de Chirac, voire aux tapes névrosées de Sarko. Trop heureux de retrouver enfin une tribune à ses dimensions, DSK a même joué les cassandres. A propos des 500 milliards d’euros du Mécanisme Européen de Stabilité, censé devenir le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, ceux-ci « ne seront pas réels avant six mois, ce qui est bien trop tard. C’est une question de semaines, ce n’est pas une question de mois ». En revanche, DSK a fait l’éloge du gouvernement chinois qui avait « particulièrement bien tiré son épingle du jeu » lors de la crise de 2008-2009. Enfin, aux journalistes qui ont tenté de l’interroger sur son actualité judiciaire, DSK a opposé un « No comment » systématique. Toujours poursuivi au civil dans l’affaire Diallo, cité par les médias dans l’affaire du Carlton de Lille, décrédibilisé dans l’affaire Banon (sa mère Anne Mansouret s’est livrée à une justification ahurissante du personnage, ce 15 décembre dans Complément d’enquête sur France 2, en affirmant que DSK n’avait pas été assez prudent), l’ancien maire de Sarcelles semblait condamner à l’effacement total, apparaissant seulement sur les tabloïds et les livres à sensation. Entre une comparution au tribunal et une interview de Dodo la Saumure, sa promenade chinoise a dû le changer.

Car DSK, c’est aussi l’anti Rastignac du XXIème siècle. Arrivé aux portes du pouvoir, il se sabote tout seul, non sans avoir semé son propre chemin d’embûches. Et contrairement à Balzac, il fait dans la littérature courte. Une idée pour NetEase: la prochaine fois, afin de faire quelques économies, le groupe devrait l’interroger par sms.

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Sarkomédie

Mieux vaut ne pas lui serrer la pince

Le sang encore frais de Kadhafi sur les mains, le président de la république s’est évertué à justifier sa politique, à coup de mensonges et d’esbroufes.

Interrogé hier soir par Yves Calvi et Jean-Pierre Pernaut, les deux demis de mêlée du P.A.F., le président Sicolas Narkozy a fait hier soir un haka de 80 mintes sans mi-temps. Il faut dire qu’il n’avait plus parlé aux Français depuis une grossesse. Mais pas sûr que cette soupe à la grimace ait impressionné ses rivaux. Ni les 11,9 millions de téléspectateurs. Qui le croit encore ?

Morceaux choisis:

  • Si la Grèce n’avait pas été sauvée, « le monde entier aurait  sombré dans la catastrophe ».

Mais Supersarko est là.  Allah-o-akbar.

Ni la Grèce, ni l’Europe, ni la zone euro, dont il s’agit vraiment, n’ont été sauvées. Tous les commentateurs le reconnaissent. L’U.E. a seulement gagné du temps. Auprès des seuls créanciers qui restent: les BRICS et les émirats du Golfe. A quel prix ? Sarko ne nous le dit pas. Par contre il nous dit que la dette grecque a déjà rapporté 20% d’intérêt à la France. Ou plutôt aux banques françaises. Sur le dos du peuple grec. Il a beau jeu de dire que l’entre de la Grèce dans la zone euro fut une erreur. Les prédécesseurs des chefs d’Etat actuels menaient la même politique ultra-libérale en 2001. C’est l’appât du gain qui a fait se précipiter l’U.E., et mentir le gouvernement grec sur sa dette. En l’occurrence l’erreur première incombe au président de la B.C.E. de l’époque, le Hollandais Wim Duisenberg. Mais on ne peut pas lui envoyer l’OTAN, il est mort en 2005. Par contre Jean-Claude Trichet était déjà au directoire en tant que président de la Banque de France. Et on ne l’a pas beaucoup entendu sur cette « erreur »… Toujours sur l’air de la tragédie, le naboléon est revenu sur la crise de 2008, disant que les banques « ont fait n’importe quoi » avec les subprimes. Mais il promet que « les bonus et les rémunérations des traders rentrent enfin dans des pratiques normales »… pour l’été 2012.

Allelujah. Sil est réélu on leur fait un prêt de confiance jusqu’en 2017.

  • Les socialistes n’ont fait que des erreurs.

Si la France va si mal , c’est la faute à la gauche. La gauche française. Parce qu’en Allemagne on travaille jusqu’à 65 ans sans rechigner 53 heures semaine. Si Sarko veut se rapprocher de ses racines austro-hongroises, qu’il y aille. Son slogan pour 2012 c’est « Travailler plus pour gagner moins ». Il n’ose pas le dire mais on a compris. Que propose-t-il pour résorber la dette… française (plus de 1.702.885.000.000 euros à l’heure où j’écris ce 28 octobre, 84,5% du PIB dernier chiffre disponible, et le compteur tourne) ? Des plans de gestion mais pas de rigueur. Répétons-le : pas de mot qui fâche. Et pas de panique : il ne faut trouver que « 6 à 8 milliards d’euros » de plus pour le budget 2012. Où ? « Pas dans les impôts » d’après Sarkoko. Qui ont augmeté sous son mandat malgré ses promesses. Entendez : « pas dans l’impôt sur les grosses fortunes ». « Seul pays d’Europe où il y en ait un ! », s’indigne-t-il. C’est qu’ailleurs les pauvres la ferment… Ou qu’ils sont tous pauvres… Alors on tape sur les fonctionnaires. « Il faut moins de fonctionnaires, mais mieux payés ». Comme si ces économies de bouts de chandelles allaient apporter les deux mille milliards nécessaires… Quant à la proposition de Hollande, « 60 000 enseignants de plus, mais où est-ce qu’on va trouver l’argent ? » Ils seront moins payés que leurs collègues plus âgés mais la vraie question est : « l’argent envolé dans les banques et le CAC 40, où est-il ? ». Ne comptez pas sur Sarko pour répondre. Car alors il voit la faucille et le marteau sur le drapeau français, et ça lui « fait honte ».

Quel cirque…

  • La calomnie Karachi.

Sarkozy ne passera pas Karachi au karcher. Dans son agenda il y a d’abord la Syrie. S’il a le temps. Mais sur cette affaire pèsent de lourds soupçons de financement illicite pendant la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Sarkozy était alors son porte-parole, et Nicolas Bazire, mis en examen, son directeur de cabinet. « Naturellement, il ne sortira rien de cela et tout le monde le sait », clame le président, qui n’arrête pas de se poser en victime sur le sujet, dénonçant ce qu’il appelle la « présomption de culpabilité ». Pourquoi alors cette mise en examen, par le juge Renaud Van Ruymbeke, de Nicolas Bazire et de Thierry Gaubert, autre proche du président ?

C’est la justice qui tranche les procès. Pas le président.

  • Pas candidat mais en campagne, façon anti-système.
Se la jouant au-dessus des lois et des sondages, Sarko a pris la pose mitterrandienne de 1988 pour dire qu’il se prononcerait sur sa candidature en temps voulu, « en janvier ou en février ». Pendant ce temps Hollande nous la joue Mitterrand 1981 dans ses meetings. Mais sache peuple de France que l’outsider, c’est Sarko. « Avez-vous oublié que tous les candidats du système, tous, même quand je les ai soutenus, ont été battus ? » conclut-il. Ca y est il est en campagne et ressort le vocabulaire du FN. Ce n’est pas gage de victoire cette fois-ci. Martine Aubry aussi avait resorti la formule de la candidature anti-système contre François Hollande, avant d’être battue aux primaires. Et puis que veut-il dire ce surexcité ? En quoi les présidents de la cinquième république ne sont pas des candidats du système, lui le premier ? Il devait y avoir une drôle de sauce dans les frites, à Bruxelles…
Que retenir de ce mauvais programme télé ? Il fut artificiel: le président promet des demies-mesures pour des doubles-dettes. Hypocrite: le président se défausse sur toutes les questions qui portent sur son pouvoir. Et long: une heure et demie de répétitions, et malgré ça pas un mot sur les guerres de l’OTAN. Artificiel, hypocrite et long. A l’image de ce mandat.

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Les Chinois à Cognac

A vendre

Monnet y fut importateur d’idées en 1934,

Céline l’avait prédit dans un dernier souffle en 1961,

Jean Yanne s’en était amusé en 1974

2011: cette fois on y est. L’Europe chinoise.

Enième réunion de la dernière chance hier à Bruxelles, qu’allait-on faire de l’euro, des Hell-haines, des Ritals et des Espingouins… Ca fait des lunes qu’ils se creusent les méninges Nicolas, Angela et tout l’tralala. On ne compte plus le nombre de sommets. LCI en listait 10 en un an, France 24, 14. A ce train-là les Alpes restent loin en dessous. Ce 26 octobre on a donc eu droit à un double sommet tant qu’à faire, c’est que ça coûte un pont aérien ces petites sauteries. Premier round à 27 pays européens, deuxième à 17 pays zone euro. La tension à son comble ! Tout ça pour qu’on apprenne ce matin que la Chine rachète l’Europe, qui n’est pas une Phénicienne, après le Pirée, qui n’est pas un homme.

Et pour le pourboire, tintin !

Die grosse diskusion des derniers mois, c’est la recapitalisation des banques. A 22h la question est remise sur le tapis: pourtant sonnées depuis 2008, on leur demande d’effacer 50% de la dette grecque. Montant de la perte: 100 milliards d’euros. Pour signer les paperasses, les VRP-d’Etat-super-sympas-Nicolas-et-Angela sont prêts à rencontrer les banquiers. A eux de s’arranger pour se refaire la cerise.  Auprès de qui ? La BCE ne représente que des Etats surendettés. L’Amérique leur crache dessus. La Suisse a ses sommets enneigés. Restent les émergents. Ni hao. La Chine débarque via l’agence Reuters à 22h20. Ca y est les gars, la messe est dite. C’est pas le pétrole libyen qui y changera grand chose, l’Europe est à vendre, Parthénon, Colisée, Disneyland Paris, Phantasialand Cologne, tout, à l’encan et au clou. Le montant de l’ardoise des banques se chiffre à 106,4 milliards d’euros, dont 84,87 pour les besoins cumulés des banques grecques (30), espagnoles (26,1), italiennes (14,77), françaises (8,8) et allemandes (5,2). A 0h45, à l’ouest de l’Oural, rien n’est acquis. Charles Dallara, directeur général de l’Institut de la finance internationale (Ifi), déclare dans un communiqué: «Il n’y a eu aucun accord sur la Grèce ou sur une décote précise. Nous restons ouverts à un dialogue pour la recherche d’un accord volontaire. Il n’y a aucun accord sur aucun élément». Foin du secteur privé mon pauvre NicolAngela. Coup de théâtre d’ombres à 3h45, accord en vue des dirigeants européens avec les banques selon un sherpa qui parle dans son sommeil. On est là au chant du sarcoq. Gueule de bois sans alcool. La vassalité du sous-continent européen à l’Asie est inévitable. Donc ! Sarcosette rencontre Thénardhiu Jintao aujourd’hui sur une participation chinoise au nouveau « véhicule spécial » ajouté au Fonds européen de Stabilité Financière (FESF) pour démultiplier ses capacités. Sarko tire le pousse-pousse, Hu prend ses aises, PSA délocalise au Brésil et Mittal quitte la Belgique. Tout ça pour ça. On pourrait s’en remettre à la fatalité et envoyer nos leaders bien aimés se faire foutre avec leurs billets dépréciés sur la muraille de Chine. Ca ne suffit pas car on ne serait pas sortis de l’auberge. Alors que faire comme disait l’autre ?

Fuir ?

Du soleil jaune bien sûr

Autres temps autres moeurs, le père fondateur Jean Monnet himself né en 1888 à Cognac, entre moultes pérégrinations, démissionne de la SDN en 1923 pour rejoindre l’entreprise du père en difficulté. Il sauve l’affaire et en profite pour s’enrichir avec l’importation de cognac aux Etats-Unis pendant la prohibition. En 1934, revoici notre diplomate-businessman en Chine. Il est alors conseiller de Tchang Kaï Chek, qui veut moderniser son pays. Comme les choses ont changé… L’Histoire ne nous dit pas si Monnet emporte des tonneaux dans ses bagages; l’actualité nous dit que les Chinois achètent des bouteilles et autres produits de luxe. En 1936 fin de contrat, et déjà les affaires chauffent en Europe. Repli stratégique à Londres dès 1939. Retour au bercail en 1944. C’est une option qu’il faut pouvoir s’offrir.

Résister ?

Toto et Céline

Il l’a dit, l’ermite de Meudon. Il en a même fait la conclusion de son oeuvre. Relisons la dernière phrase de Rigodon:

« Je lui fais remarquer qu’à Byzance ils s’occupaient du sexe des anges au moment où déjà les Turcs secouaient les remparts… foutaient le feu aux bas quartiers, comme chez nous maintenant l’Algérie… nos Grands-Transitaires vont pas s’en occuper du sexe des anges !… ni de péril jaune ! manger qui les intéresse… toujours mieux !… et vins assortis… de ces cartes ! de ces menus ! ils sont ou sont pas les maîtres du peuple le plus gourmand du monde ? et le mieux imbibé ?… qu’ils viennent, qu’ils osent les Chinois, ils iront pas plus loin que Cognac ! il finira tout saoul heureux, dans les caves, le fameux péril jaune ! encore Cognac est bien loin… milliards par milliards ils auront déjà eu leur compte en passant par où vous savez… Reims… Épernay… de ces profondeurs pétillantes que plus rien existe… »

Les Chinois stoppés chez Monnet. Noyés dans l’alcool bureaucratique. Rien que ça fait de 2011 l’année Céline des non-administrés. Frédéric Mitterrand de toutes façons, son truc, c’est Bangkok inondé…

Collaborer ?

Et à Bruxelles

La grosse tête préférait en rigoler et transformait la ville lumière en lanterne chinoise, dans la foulée soixante-huitarde. Pas sûr qu’on rie à présent. Ou jaune, alors. Les Chinois à la place des Teutons de quarante et avec l’aval des Allemands d’aujourd’hui. Il n’est plus là pour voir ça mais Jean Yanne avait vu juste. Avec quelques aggravations. Les Chinois ont dépassé le milliard et la planète en est à sept milliards tandis que l’Europe stagne sous le demi-milliard. Voilà des milliards qui ont une toute autre gueule que les calculs comptables ! Et le déclin des élites est tel que la France est présidée par un Hongrois… Et encore, s’il était compétent… Mais on s’en contente dans les salons feutrés du pouvoir… Les Chinois les premiers, puisque tout ça se fait dans la bonne entente socio-économique. Et qui paiera toute les conneries, furies et gabegies de nos bons maîtres ? Le peuple européen ! Mais oui ! Ou ce qu’il en restera.

Alors à nous de voir. Fuir. Ou résister. Ou collaborer. Pas de compromis possible en la matière.

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