Prix de l’essence : Iran la monnaie

"Le nécessaire existe par soi, par sa propre essence" Avicenne

Le 30/01 l’U. E. décidait l’embargo sur le pétrole d’Iran pour stopper son programme nucléaire. C’est mal connaître les Perses.

L’embargo devait entrer en vigueur le 1er juillet. Officiellement pour donner le temps à l’Iran d’arrêter son programme nucléaire. Officieusement pour permettre à l’Europe de trouver d’autres fournisseurs entretemps. La première conséquence a été de faire plonger la bourse de Téhéran, et à sa suite le Rial. Ashton, Hague, Juppé, Obama ont fait mine de se réjouir, affirmant que les sanctions fonctionnent. Tu parles. Pas une lune n’a passé que les imams prennent les devants. Pour la France et le Royaume Uni les robinets sont dorénavant coupés. Le ministère iranien du pétrole a annoncé dimanche qu’il ne vendait plus de brut aux compagnies britanniques et françaises. Résultat: le cours du pétrole repart à la hausse. Le brent de la mer du Nord est à 120,15 dollars le baril, à New York le WTI est à 103,49 dollars. Au plus haut depuis huit mois. L’impact se fera ressentir dès demain matin à la pompe. Encore un coup de poing dans le niveau de vie des Européens. Well done Sarkobama. Comment en est-on arrivés là? C’est la question à mille euros. L’Occident se croit toujours au XXème siècle, tandis que l’Iran prétend ne recevoir de leçon de personne. Il est évident qu’un programme nucléaire strictement civil ça ne veut rien dire. Le nucléaire est, par essence, militaire également, dès le moment où on maîtrise sa technologie. Mais que dire de l’OTAN qui laisse se constituer de véritables arsenaux nucléaires dans la région (Israël, Pakistan, Inde), sans réagir pour otan? OTAN qui, il n’y a pas si longtemps, imposait à l’Irak voisin son tristement célèbre programme « pétrole contre nourriture », c’est-à-dire hydrocarbure premier choix contre boîtes de conserve périmées. Il ne faut pas trop s’étonner dès lors que l’Iran, qui a pu se refaire une santé depuis que l’Amérique soigne son obésité, montre à présent les muscles, du détroit d’Ormuz au canal de Suez. Et qu’il soit prêt à faire payer l’addition à ceux qui s’attaqueront à ses intérêts. Si escalade il y a, ce qui dépendra de tous les acteurs impliqués, au premier rang desquels l’Iran et Israël, préparons-nous à faire du vélo. Si guerre il y a, sauve qui peut.

Une page de sport pour finir ce journal

En cinquième journée de campagne du championnat présidentiel, l’OMP et le PSG ont fait match nul, 0-0. Le seul fait marquant a été le carton rouge au joueur naturalisé Miklos Sarközy, décerné par l’arbitresse en jupons Marine Le Penalty.

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Hollande : la France d’en pays bas

Il se voit déjà en haut de l'affiche

La campagne est lancée. Et après Sarkozy, Hollande est passé au garage Ferrari. C’est pas du neuf…

Comment relancer l’audimat sur TF1? Avec De Funès puis Bourvil au 20h. On attend avec joie le duo du duel. Sarko lance sa campagne à Annecy, et il tape dans le fromage. Hollande « ment matin et soir ». Venant d’un expert en la matière, on peut lui faire confiance. Hollande répond offusqué à Madame Ferrari: Monsieur Sarkozy « se livre aux attaques, à la falsification, à la caricature ». Mais François se cantonne à sa bonhomie: « Quand j’entends le président sortant donner des leçons de bonne gestion, ça fait sourire ». Certes. « C’est l’homme de la crise, je suis l’homme de la sortie de crise ». Là attention, mensonge par anticipation!

Mais qu’a dit Sarko sur Hollande, au juste? « Quand on dit à la presse anglaise qu’on est libéral et quand on vient expliquer aux Français que l’ennemi, c’est la finance, on ment, on ment matin et soir, et ce mensonge n’est pas à l’honneur de celui qui le professe ». Le plus grand défaut de Hollande, comme dirait Montebourg, c’est sa naïveté. Quand il donne une interview le 14 février au Guardian, il ne s’imagine pas que sa déclaration d’amour à la City sera traduite le click suivant. Voici le Lénine du Bourget redevenu le Tony Blair de Solférino. Aux Anglais qui s’inquiètent de voir, à défaut de chars soviétiques, les sans culottes occuper Paris, le Bourgeois Gentilhomme fait la danse du ventre. Ce qu’il aurait vraiment voulu dire: Mais voyons, y a pas plus de communistes en France qu’il n’y a de socialistes en Angleterre ! Oui, et pour cause. Après avoir été laminés par Mitterrand, attirés par Le Pen, ringardisés par Buffet et ridiculisés par Robert Hue, les voilà récupérés par Mélenchon. Un socialiste! Ancien de l’OCI qui plus est, la bande à Lambert (pas Gérard) bouffeuse de communistes! Et voici le Mélenchon 40 ans plus tard qui fait une OPA entriste sur le PCF! Avec le succès que l’on sait. On va pas pleurer sur les cocos, après tout ils n’ont que ce qu’ils méritent. Mais on est obligé de constater le double langage de Flamby. Pas que ce soit une surprise, mais si tôt ? A peine candidat et déjà Tonton II. Les ouvriers apprécieront. Mais il n’y en a plus au PS. Ou plus beaucoup.

Or le retors président va tout faire pour favoriser Mélenchon. Ca fait reculer Hollande au premier tour. Oui mais au second ? Sarko est un grand diviseur, il a sa petite idée là-dessus. Après la volte face sur le nucléaire et l’incident avec les verts, voici la gaffe sur les gouges et la brouille avec les rouges. Reste plus que la confusion sur la prose et le divorce avec les roses. Bien sûr il est sympathique Hollande, avec son air patelin et sa rhétorique hésitante, et surtout il a dirigé le PS pendant onze ans. Mais il a aussi fait le plein d’ennemis dans son propre camp. L’union actuelle n’est que de façade. Tous ceux qui en ont marre de Sarko voteront Hollande, mais les déçus de la social-démocratie sont nombreux.

La clef du second tour sera l’abstention. Après « ni de gauche ni de droite », le slogan « ni Hollande ni Sarko » sera exploité par l’UMP pour autant qu’il fasse reculer Hollande. A lui de démontrer, à la France d’en bas d’abord, qu’il peut être autre chose qu’un bon bougre. Celle d’en haut s’accommodera toujours du vainqueur. Et après ? Après, à lui de gérer la lutte des classes. C’est dans son contrat. Pas vraiment social, comme on sait.

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Sarkoncordia : Carla et les enfants d’abord

Le capitaine de pédalage

Ca y est c’est fait, le président pas candidat est devenu le candidat plus président, ou peu s’en faut.

Bref, l’interview

« Oui chus candidat à l’élection présidentielle. » Depuis quand? « Il y a plusieurs semaines. » (ça en fait quelques unes depuis 2007) « La France, l’Europe et le monde (il parle du journal?) connaissent une crise sans précédent, une succession de crises, ne pas solliciter la confiance des Français serait un abandon de poste ». Bon sang mais c’est George Clooney dans En pleine tempête! Le capitaine du paquebot France, quand il est à terre, il pilote une Ferrari. Elle avait l’air des mauvais jours Laurence, dubitative, boudeuse, limite gauchiste: « Mais les Français regardent leurs préoccupations, on parlait du chômage qui a augmenté, du pouvoir d’achat qui stagne, que répondez-vous à ces préoccupations très concrètes ? » Mouiouioui, mais on réforme… « Mais pourquoi ne l’avez-vous pas fait avant ? » Sarko: « Mais on peut pas tout faire! On peut pas tout faire en cinq ans! » Enfin, m’dame Ferrari, vous pensez bien… Réponse en off de l’intéressé, les sondages sous les paupières: J’ai travaillé plus pour gagner plus, qu’est-ce tu crois? Et puis Sarko veut soudain faire des référendums. « Je veux que l’on protège les chômeurs en les indemnisant, mais surtout en leur donnant les moyens d’exercer un nouveau métier. Tout ceux qui ont la force de travailler auront un emploi, ceux qui n’en trouvent pas seront en formation professionnelle. » Ca c’est une idée. On recycle les 93 Lejaby dans la maroquinerie et on laisse sur le carreau les 500 de Florange. En tout 6000 emplois vont être supprimés en Europe par ArcelorMittal. Et puis ils va en falloir des profs pour tous ces élèves! Même avec les 60 000 dont parle Hollande, à pratiquement trois millions de chômeurs, ça fait des classes de 50 personnes. Y aura pas d’embauche pour tout le monde. Sur Hollande justement: c’est un méchant m’dame, il passe son temps à « dire du matin au soir du mal des autres« . Conclusion: le capitaine a besoin de tous les matelots, bâbord tribord, ni gauche ni droite Français comme dirait l’autre. « J’ai besoin de tous les Français qui aiment leur pays. » Ouh le chantage! Donc ceux qui ne seront pas sur le pont n’aiment pas leur pays. Il a fait mieux le capitaine Nicolas.

Mais l’image de ce 15 février c’était la grimace accusatrice quasi subliminale de Nathale Arthaud sur les écrans derrière Ferrari, en plein dialogue sur le chômage. Vous ne me croyez pas ? Allez voir, c’est à la 14ème minute: http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-20-heures-du-15-fevrier-2012-6992797.html Un grand secret est révélé: Nonce Paolini est un trotskyste qui fait de l’entrisme à télé Bouygues.

On peut accuser Sarko de beaucoup de choses mais pas d’être bête. Reprendre le slogan de VGE en 1981, poser avec la mer grecque en fond d’affiche, évoquer en pseudo confidence son retrait de la vie politique en cas d’échec (bonjour Jospin), arriver au 20 heures avec Carla qui a le visage pâle terne, tout ça ressemble à une préparation de sortie de scène. Cache-t-il d’autres surprises dans sa botte de pirate? Difficile à croire à présent… Le prochain corsaire vaudra-t-il mieux? Pas sûr, mille millions de mille milliards de mille tonnerres d’euros!

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Elle(s) : Tapiner plus pour gagner plus

Audrey est habillée par Rose Réséda

Elle est sous les feux de la rampe. Un article chic et un film choc (à moins que ce soit le contraire) mettent le magazine féminin en devanture des blog battles. Actualité chargée pour le mag qui fait des jalouses.

Elle, le plus célèbre des magazines féminins, est accusé de racisme après la controverse provoquée par un article sur la mode noire. Supplément pas gratuit, le mag est aussi présent au cinéma avec un film sur la prostitution étudiante.

La démondialisation des french cancans

Le 13 janvier, le magazine a le malheur de publier  « Black fashion power », un article signé Nathalie Dolivo. Face aux vives réactions et aux nombreux commentaires, l’article a été retiré du site elle.fr. Parlant de la mode chez les noirs américains, la journaliste y affirmait que « pour la communauté afro, le vêtement est devenu une arme politique. (…) Dans cette Amérique dirigée pour la première fois par un président noir, le chic est devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear. (…) Mais, si, en 2012, la ‘black-geoisie’ a intégré tous les codes blancs, elle ne le fait pas de manière littérale. (…) La communauté afro a intégré les valeurs des Blancs. Ce look est bourgeois, avec une référence ethnique (un boubou en wax, un collier coquillage, une créole de rappeur) qui rappelle les racines », citant en exemple des stars représentatives de ce style (Rihanna, Nicki Minaj, Erykah Badu, Kelly Rowland, etc.). C’en était trop. Dès sa parution, l’article déclenche des réactions aux Etats-Unis. Le New York Magazine évoque une généralisation « gênante » sur le style black, le Huffington Post y voit des « déclarations controversées, stéréotypées et insultantes », le New York Daily News parle d’un « traitement raciste » et répond à Elle par un: « Fermez la bouche! » (traduction littérale de « Shut your mouth »: les Américains croient parler français quand ils utilisent Google translate…). Réactions indignées en France aussi, dont celle d’Audrey Pulvar, autrefois journaliste, devenue chroniqueuse people chez Ruquier depuis qu’elle est la  Montebourg à la ville. Jeudi 26 janvier sur France Inter, Pulvar dénonce vertement un article « dont la bêtise et l’inanité ne tarderont pas à servir de modèle du genre « papier de merde » dans les écoles de journalisme. (…) L’article imbécile et raciste de Elle provoque à juste titre l’indignation et les moqueries de milliers d’internautes en France, comme aux États-Unis, où il est relayé par plusieurs sites. Des excuses sont-elles une option plausible pour ce journal ? Affaire à suivre. » Elle est impardonnable d’avoir osé déshabiller la sacro-sainte communauté noire. Valérie Toranian, directrice de la rédaction, s’excuse pourtant bien bas: « Si cet article a pu choquer ou blesser certaines personnes nous en sommes profondément désolés car ce n’était nullement notre intention, au contraire. Nous regrettons vivement ce malentendu. »  Nathalie Dolivo fait nonetheless son mea culpa : « Depuis la parution de mon papier, les commentaires sont nombreux. Souvent virulents, voire violents et insultants. J’en suis extrêmement peinée car ils relèvent pour moi du contresens. Ils témoignent en tout cas d’un profond malentendu dont je suis tout à fait désolée. L’article se voulait positif : il s’agissait de mettre en avant ces nouvelles figures qui affolent et fascinent l’industrie de la mode, de l’entertainment et du show-business. » Rien n’y fait. Le magazine continue d’être dénoncé sur le net. Trop blanc, trop glacé, trop cher. On n’y voit pas une seule noire en couverture, est-ce normal ? Sans doute était-ce justement le but de Dolivo: s’attacher un nouveau lectorat black-bourgeois en exposant le phénomène bien réel du streetwear, ce code de la rue qui a gagné les suffrages des djeuns de toutes les couleurs. La mode de la rue sortie des ghettos a gagné les gratte-ciels, de Nike à Abercrombie, d’Adidas à Donna Karan. C’est raciste de dire ça? La vérité c’est  que Dolivo sert de tête à claques pour une Pulvar impétrante. Yo. Finalement il n’y a pas que chez les blanches qu’on trouve des pétasses, et ça c’est rassurant.

Du streetwear au strip tease

Mais cette semaine Elle est aussi au cinéma. Elles, titre du film, parle d’un sujet plus grave que les nunucheries streetwear: le phénomène croissant de la prostitution chez les étudiantes. Juliette Binoche y incarne Anne, journaliste dans un grand magazine féminin, préparant un article sur la question. Deux étudiantes se confient à elle sans aucun tabou, au point que la journaliste s’interroge sur sa propre vie, ses frustrations et ses fantasmes. Le film est, comme dit la formule, une fiction sur un phénomène réel. Comment expliquer qu’aujourd’hui, dans le « pays des droits de l’homme », des jeunes femmes en viennent à vendre leur corps pour financer leurs études, autrement dit pour se préparer un avenir meilleur ? Pour beaucoup d’entre elles, l’avenir est déjà bousillé. Entrées étudiantes à la fac, elles en sortent putes, avec ou sans diplôme. De toutes façons, même avec diplôme, sans travail. Alors autant continuer à tapiner. Jusqu’à ce que les suivantes prennent leur place.  Avec des différences inévitables: activité occasionnelle pour jeunes femmes qui ne parviennent pas à payer leur loyer, comme des cas de working girls à 1000 euros la passe, ou encore certaines « étudiantes » qui proposent de se connecter à un site internet pour un strip tease privé, en passant d’abord au vestiaire, c’est-à-dire par un site de paiement en ligne. Le statut d’étudiante peut alors servir de paravent idéal pour un véritable business. En 2004, la Brigade de Répression du Proxénétisme avait ainsi démantelé un réseau de jeunes Marocaines. Fausses étudiantes, elles avaient toutes leur carte universitaire, ce qui leur permettait d’avoir un permis de séjour. Vraies prostituées, elles n’étaient pas très assidues aux cours. L’université antichambre du bordel… Il faut que la société française soit bien malade pour en être là. Voilà que le corps social se coltine des maladies vénériennes. Le stade précédent sa désagrégation.

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Cloclo Guéant hué : « Voile sur le FN, barques sur la Seine »

L'Ouroboros, tel qu'illustré du temps de Montaigne

Avec sa harangue civilisationnelle, Claude Guéant était censé ramener des électeurs du FN vers l’UMP. Il a surtout fait le jeu du PS. Le serpent se mord la queue.

La phrase de Claude Guéant sur toutes les civi­li­sa­tions qui ne se valent pas n’en finit pas de faire parler d’elle. Ame damnée de Sarko, Guéant s’était déjà rendu célèbre par quelques déclarations dignes du FN et par sa cir­cu­laire qui dur­cit les condi­tions d’accès à l’emploi pour les étudiants étran­gers. C’est pourtant bien Michel Rocard qui disait, en 1990, que « La France ne peut accueillir toute la misère du monde. » En complétant il est vrai très civilisationnellement: « mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part. » Ainsi Guéant a aujourd’hui sa part de calvaire.

Parfum de printemps arabe en Seine Saint Denis

Harlem Désir a d’emblée réagi sur Twitter: « La pro­vo­ca­tion pitoyable d’un ministre réduit à rabat­teur de voix FN ». Réponse sur Twitter de Louis de Raguenel, chargé de la veille inter­net au minis­tère de l’Intérieur : « Il s’agissait de condam­ner celles qui ne res­pectent pas la liberté de conscience, d’expression et l’égalité hommes/femmes ». SOS Racisme embraie: « M. Guéant ne manque pas d’air, lui dont la poli­tique et les dis­cours sont aux anti­podes des valeurs d’égalité et de fraternité ». Le président du Conseil Français du Culte Musulman, Mohammed Moussaoui, envoie pour sa part une lettre à Claude Guéant pour savoir s’il visait les musulmans dans ses déclarations. Mardi, Guéant répond sur Canal+: « Ce n’est pas une civilisation en particulier » qui était visée, mais « nous avons en France des valeurs, nous y tenons et pour nous, tout ne se vaut pas », tout en mettant les pieds dans le plat: « Je lui réponds que pour moi, ce qui est en cause, c’est la religion musulmane ». M’hamed Henniche, le porte parole de l’Union des Associations Musulmanes de Seine Saint Denis,  réagit à son tour: « Le CFCM dépend du Ministère de l’Intérieur et toutes les actions qu’il a menées jusque là sont des réalisations faites par le Ministère de l’intérieur. Le CFCM n’est qu’une marionnette ! ». Dépassé par la stratégie hasardeuse de Sarko, la queue entre les jambes, Guéant répond finalement par lettre au CFCM: « Mon propos de bon sens et d’évidence ne visait aucune culture en particulier, ni nos concitoyens de confession musulmane qui respectent et adhèrent pleinement aux valeurs de la République, et dont la République respecte et protège les croyances. (…) Je ne doute pas que les membres du CFCM partagent ces mêmes valeurs et la nécessité de dénoncer, sans ambiguïté, les systèmes et pratiques contraires à nos principes fondamentaux, qui permettent à chacun et chacune d’entre nous de s’exprimer et de vivre dans la liberté, l’égalité et la fraternité. » Amen.

« La civilisation nazie », ou Heidegger en créole

Encore sonné par la « polémique ridicule », le pénitent Guéant affrontait hier les questions des députés à l’Assemblée. Coup de théâtre antillais: l’Obama de circonstance profite du hourvari sarrazin et entre en dernière cène. Président du conseil régional de Martinique (arrivé express par avion non gréviste), président du Parti Progressiste Martiniquais (fondé par Aimé Césaire), député apparenté PS (du coup Hollande ne se mouille pas trop), féru de littérature (il cite Montaigne), issu d’une « terre de souffrance » (de « sous-France », ça va, on a compris), Serge Letchimy s’emporte: « Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? » Réaction de l’UMP: capitulation sans conditions. Le premier ministre se lève et part, suivi du gouvernement, puis de tous les députés de la majorité, chacun portant sa part du fardeau de l’impardonnable homme blanc, coupable permanent de tous les maux. Du jamais vu. Nouvelles demandes d’excuses, émanant de Fillon cette fois, que Letchimy rejette. Il demande au contraire au ministre de l’Intérieur de s’excuser en premier. S’en suit un marivaudage très civilisé: Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, veut faire réprimander Letchimy mais Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS, intervient: « Sanctionner l’héritier moral d’Aimé Césaire, descendant direct d’esclaves, ne ferait qu’envenimer les choses ». Il y a des coups de fouet qui se perdent, et la couleur du maître a changé, pauvre valet ! Cornard Aboyer, pardon, Bernard Accoyer, va donc tenter une médiation entre Le-d’mi-Chti, pardon, Letchimy, et Filons-Gayment, pardon, Fillon-Guéant. Ca devient tragi-comique. Mais la gaffe est faite, et voici l’UMP piégé par sa rhétorique. Sarko persiste pourtant et joue le tout pour le tout. Jusqu’à sa prochaine volte face… Il ne s’agirait pas de s’aliéner tout le vote black-blanc-beur. D’où le « dialogue de civilisation » entre UMP et CFCM, l’islam acceptable. Or à force de tirer des deux côtés de la corde, elle est déjà bien effilochée. Je prévoyais dans mon article de lundi qu’on ne tarderait pas à parler de nazisme dans cette campagne. Voilà qui est fait.

Voir l’UMPS piégé par ses propres hypocrisies vaut les meilleurs navets. Intouchables, vraiment. L’étape suivante consistera à se poser comme le plus démocrate des deux. Jusqu’à ce que Guéant tombe le masque: car enfin, à force de se contredire, quelle est d’après lui la civilisation qui ne vaut pas les autres, finalement ? Mais celle des souchiens, bien entendu ! Ceux qui sont assez cons pour voter Sarko, pour se faire cracher dessus ensuite. Après les élections.

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Strauss sans Kahn, Le Pen sans 500

Pour 500, je te fais un prix !

Marine Le Pen n’a pas ses 500 signatures. On crie au bluff dans les médias. Pourtant la stratégie de Sarkozy se révèle au fur et à mesure de cette affaire.

Une signature, siouplait...

En 1962 avait lieu la première élection du président de la république au suffrage universel. Le principe du parrainage par signatures d’élus fut alors promulgué pour limiter le nombre de candidatures et éviter les prétentions farfelues. Le nombre de « parrains » nécessaire était de 100. En 1976 Giscard le fait passer à 500 et décide de rendre publique l’identité des signataires. Depuis, le fauteuil cheije de l’Académie franchaije n’en démord pas. Qu’il soit difficile pour les petits candidats d’obtenir ce sésame n’est pas étonnant, rien ne les empêche pourtant de se présenter. Ainsi Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière et son 0,5% d’intentions de vote est presque assurée d’avoir les 500. D’autres, Poutou, Boutin, Morin, Perlimpinpin… bataillent ferme pour les avoir. Le grand petit Villepin, qui se qualifie lui-même de « candidat à 1% dans les sondages », boycotté par l’UMP, tente de recueillir les près de 400 signatures récoltées par Chevènement, caduques depuis son retrait le 1er février. Elles sont aussi sollicitées par Marine Le Pen. Pourtant là on est dans du lourd. Tournant autour de 20% dans les sondages, on supposerait que ses parrainages ne soient qu’une formalité. Or elle n’en a jusqu’ici que 350. On crie au bluff dans les médias, disant que le FN a toujours fait le coup. Faux. En 2007 le père Le Pen avait pu se présenter ric rac, avec à peine 507 signatures. D’où sa menace dans le Journal Du Dimanche: « Je pense que si ma fille ne peut pas être candidate, ce sont plus de 20% des électeurs qui ne pourront s’exprimer. Ce serait la fin de M. Sarkozy. Il serait battu. Les électeurs du Front national ulcérés ne le lui pardonneraient pas et ils ne seront pas les seuls« . Selon le sondage Ifop-JDD en une du journal, cette hypothèse ramène Sarkozy et Hollande à égalité avec 33% chacun, pour 22 % d’abstention. En supposant que papa Le Pen se trompe et que les électeurs FN ne se reportent pas sur Hollande, ou qu’ils s’abstiennent, ce serait gagné pour Sarko. C’est le calcul machiavélique du minuscule Nicolas. C’est dans ce contexte délétère que le ministre de l’Intérieur Claude Guéant affirme que « Toutes les civilisations ne se valent pas », samedi 4 février, à un colloque organisé par l’UNI (Union nationale inter-universitaire, le syndicat étudiant créé par Jacques Foccart et Charles Pasqua en réaction à mai 68). Propos réaffirmés à l’aune des 500 signatures. Claude Guéant, après Brice Hortefeux et avant Jean-Marie Bigard, braconne sur les terres frontistes sur ordre du suzerain. Rapportera-t-il suffisamment de voix ? Le cas échéant, en sa qualité d’hôtelier de Beauvau, fera-t-il main basse sur les urnes, si le résultat final était trop tangent ? Toujours est-il que la stratégie de l’Elysée devient plus claire après la une du JDD.

In vino veritas.

Attendons voir… Si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, ce serait savoureux de l’entendre appeler à voter Hollande. Qui lui-même appellerait à ne pas voter Sarkozy. Lequel accuserait son rival de national-socialisme. Par ces temps de crise de la crise, le mot d’ordre est à l’épargne: pas question de se payer le luxe de changer les équipes, de Washington à Pékin, de Paris à Berlin. Obama, Hu, Merkel et Sarkozy semblent devoir être là pour un long moment encore, qu’on le veuille ou non. Mais quoi de plus normal que ceux qui ont aggravé la crise en subissent les conséquences ? Dominique Strauss-Kahn a sa condamnation symbolique: Abel Ferrara prépare un film sur l’affaire du Sofitel avec Gérard Depardieu en directeur du FMI. Et Sarko ? Qu’il soit réélu s’il le faut ! Mal, de travers, faussement, peu importe. « Que la crise s’aggrave », dixit François Partant. Et que Nicolas, qui a horreur du vin, boive le calice jusqu’à la lie.

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Al Masry-Al Ahly 3-1 : 74 morts

Match amical dans l’Egypte ancienne

Football et violence, liaison fréquente. Le tragique événement d’Egypte y donne une nouvelle dimension.

Je terminais hier mon article par une métaphore sur le football dans le soi-disant printemps arabe. La réalité m’a aussitôt confirmé. Hier donc, les Port-Saïdiens d’Al Masry recevaient les Cairotes d’Al Ahly, leaders du championnat égyptien, dans un derby qui enflamme les passions. L’équipe locale l’emporte 3-1 sur les visiteurs. S’en suit une violence générale. Du jamais vu.  Empoignades dans les gradins, courses poursuites sur le terrain. Les joueurs sont évacués mais la foule est prise au piège: dans la panique, des victimes sont piétinées, d’autres chutent des gradins. Sur les images, les policiers restent étonnamment calmes. Pour les opposants au chef de l’Etat, le maréchal Tantaoui, les hommes de Moubarak sont toujours au pouvoir, et veulent faire sombrer le pays dans l’anarchie. Le problème de la violence dans le foot égyptien n’est pas nouveau. On sait que chaque rencontre opposant les deux grands d’Afrique du Nord, l’Egypte et l’Algérie, sont à haut risque. Le match du 14 novembre 2009 est entré dans les annales. Organisé en « terrain neutre », à Khartoum (Soudan), les Fennecs l’ont emporté sur les Pharaons 1-0, l’Algérie s’est qualifiée pour le Mondial aux dépens de l’Egypte. Heurts entre les supporters à l’issue du match, comme à chaque rencontre entre les deux équipes. Quasi unique échappatoire pour les désoeuvrés, opium du peuple sur prescription d’Etat, le foot a fini par affoler les foules. La rue est surexcitée par internet. Des vidéos mises en ligne montrent des stades en délire, des jeunes brûlant des drapeaux, jusqu’à l’agression des joueurs algériens par des supporters égyptiens au Caire. Le phénomène du hooliganisme est mondial, mais son instrumentalisation par les politiciens et les médias égyptiens pose question. Pour certains, Djamel Moubarak n’a pas pu succéder à son père car son pays n’a pas été qualifié pour la coupe du monde. Hosni lui-même aurait subi la désaffection du peuple puisqu’en plus de subir une double pression économique et démographique, l’Egypte perd au foot.

Un actionnaire d’honneur de Facebook S.A.

Place Tahrir, on se rassemble pour manifester, comme pour célébrer les victoires d’Al Ahly. Dans un pays où toute opposition était muselée, les seuls à avoir une expérience de l’affrontement avec la police, ce sont les supporters. Il y a un an exactement, le 2 février 2011, ce sont eux qui avaient organisé la riposte à la charge à dos de dromadaires et de chevaux des partisans de Moubarak. Le 21 novembe dernier, ils ont à nouveau rejoint les manifestants: les affrontements avec la police ont fait 33 morts. Tantaoui a-t-il voulu venger ces affronts par la tragédie d’hier ? « Ce genre d’événements peut se produire partout dans le monde mais nous ne laisserons pas les responsables s’en sortir », promet-il sur la chaîne de télévision d’Al Ahly. S’il n’a pas de responsabilité dans le drame, est-ce qu’il a perdu la main dans l’armée ? « Ce n’est pas du football. C’est la guerre et des gens meurent sous nos yeux. Il n’y avait aucun dispositif de sécurité, pas d’ambulances », a réagi le joueur Abo Treika sur la même chaîne. Une guerre civile peut débuter dans un match de foot. Le 13 Mai 1990 le Dinamo de Zagreb rencontre l’Etoile Rouge de Belgrade. La bataille rangée sur le terrain entre supporters des deux camps va symboliser la haine entre Serbes et Croates. L’ambiance est aujourd’hui la même en Egypte, mais ce n’est pas un conflit inter ethnique. Pas même inter religieux. Le pays est surpeuplé: 80  millions d’habitants, avec une densité de 80 habitants par kilomètre carré. 8 Egyptiens par 100 m². On se marche littéralement dessus. L’Egypte est ingérable, quel que soit le vainqueur des futures élections. Il est probable qu’après avoir persécuté les coptes, les musulmans se battront entre eux, car le Nil ne peut pas nourrir toute la population. La situation est telle que le football sert de prétexte aux déchaînements de colère. A l’annonce des violences à Port-Saïd, l’arbitre du match Zamalek-Ismaïlia a interrompu cette autre rencontre, au Caire. Du coup des supporters ont incendié le stade. Il suffirait d’un match qui dégénère entre Port-Saïd et Ismaïlia pour enflammer la zone du canal de Suez, où se situent les deux villes.

« L’Egypte sera stable », promet Tantaoui. Mohamed Ibrahim, ministre de l’Intérieur, a annoncé que 47 personnes avaient été interpellées. Ca ne suffira pas pour ramener le calme. L’Egypte est sur la voie des tourbillons dans une région où les maîtres du monde rebattent frénétiquement les cartes. C’est dans ce contexte que Mark Zuckerberg fait un pouce levé aux millions de miséreux qui s’accrochent à Facebook comme à la croix ansée, et qui ont grandement contribué à  la croissance du réseau social, estimé à 100 milliards de dollars pour son introduction aujourd’hui à la bourse de New York.

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