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Froid de février : c’est le réchauffement climatique

Briser la glace

L’Arctique, la «terre des Ours» des anciens Grecs, a provoqué la vague de froid de février. A cause du réchauffement climatique. Ce n’est pas le Mercure de France qui le dit, mais la très sérieuse revue scientifique PNAS.

29 février 2012, jour bonus de cette année bissextile, l’occasion de revenir sur une vague de froid qui laisse des traces jusque dans les frontières naturelles. Des -20°C, des morts frigorifiés, des centrales nucléaires à plein gaz, Evelyne Dhéliat tremblant sous sa jupe, une pagaille monstre… Le «Moscou-Paris», ce vent venu de Sibérie qui a balayé l’Europe occidentale début février, restera dans les annales des records météo. Ce froid brutal est dû au réchauffement climatique! La réduction de volume de l’océan Arctique en est la véritable cause.

Géo-pôle-itique

Depuis trente ans, la superficie de la banquise s’est réduite comme peau de chagrin, provoquant des changements dans la circulation atmosphérique de l’hémisphère nord. De 1979 à 2012 il y a eu une diminution de 30% de l’Arctique, un million de km2, deux fois la superficie de la France. «Les modifications dans la circulation de l’air forment plus fréquemment des zones stagnantes de haute pression atmosphérique centrées sur l’Atlantique qui bloquent le flux d’air chaud venant d’ouest et provoquent un flux d’air polaire et de forte chutes de neige sur l’Europe» dit Judith Curry, la miss météo du prestigieux Institut américain Georgia Tech. La fonte des glaces se répand dans l’air sous forme d’air froid et humide. Non seulement le dérèglement climatique de la planète réduit l’étendue de la banquise et menace des espèces uniques, mais en plus l’Arctique est la nouvelle banlieue industrielle des raffineries du monde développé, depuis qu’on y a trouvé du pétrole. Un cercle vicieux en spirale: le réchauffement climatique fait fondre les glaces→les stations de forage s’engouffrent dans la brèche→elles aggravent le réchauffement climatique→la brèche devient béante→les supertankers accourent→et ainsi de suite jusqu’à la dernière goutte de pétrole et aux milliards de gouttes d’icebergs fondus. Pas toujours payant d’ailleurs. En 2011 la compagnie Cairn Energy a foré en vain au large du Groenland. En 2012 Shell remet pourtant ça dans l’Alaska, encouragé par les fabricants de bagnoles. L’Arctique est pour son malheur en plein milieu du jeu de quilles du XXIème siècle, le Conseil arctique, avec les Etats-Unis (Alaska), le Canada, l’Islande, le Danemark (Groenland et îles Féroé), la Scandinavie (Suède, Norvège, Finlande) à l’Ouest, et l’immense Russie à l’Est. Peu leur chaut la conservation de ce thermomètre planétaire. Il faut briser la glace, disent les magnats du pétrole. D’après Wikipédia : «La flambée du prix du baril de pétrole a favorisé une course aux réserves jusqu’alors non rentables. Une estimation récente a montré que l’Arctique pourrait receler près du quart des réserves d’hydrocarbures restant à découvrir dans le monde. Les nouvelles technologies, le recul de la banquise suite au réchauffement climatique et la proximité géographique rendent ces nouveaux filons attirants pour les pays limitrophes. D’un point de vue économique, une diminution des glaces polaires ouvrirait de nouvelles routes commerciales pour les navires dans l’Arctique, en rendant par ce fait le pétrole plus facile à extraire.» Et la Chine s’y met aussi, en réclamant un siège d’observateur au Conseil de l’Arctique. Car le pôle nord, c’est aussi le chemin le plus court entre Washington et Pékin pour s’échanger des biens et des baffes : 6.058 miles nautiques, soit 11.200 kilomètres par route polaire. A portée de missiles du DF-5 chinois et du LGM-30F américain.

L’Arche de Noé végétale pousse à vue d’oeil

Des échantillons de végétaux syriens ont atteint mardi «l’Arche de Noé végétale», propriété de nos bons maîtres du monde, enfouie dans les glaciers du Svalbard (Arctique norvégien) pour garantir la biodiversité face aux multiples catastrophes que préparent nos bons maîtres du monde. «La chambre forte du jugement dernier», comme ils appellent poétiquement ce méga frigo ultra sécurisé, abrite depuis février 2008 un entrepôt international de semences végétales. Il a reçu cette semaine 25.000 nouveaux échantillons de semences, portant à 740.000 le nombre de variétés stockées. «Je pense qu’ils reconnaîtraient qu’ils ont fait un effort spécial pour envoyer ces semences ici rapidement» pour éviter leur destruction en Syrie, explique Cary Fowler, directeur du Global Crop Diversity Trust. L’entrepôt du Svalbard abrite maintenant plus de la moitié des variétés d’espèces végétales agricoles. Les graines restent la propriété des Etats qui les déposent. Officiellement, elles pourront être utilisées pour replanter une espèce végétale menacée d’extinction à l’état naturel. Officieusement, elles réensemenceront la planète après un éventuel hiver… nucléaire.

Sur ce, l’hiver, le vrai, n’est pas fini, et je m’en vais hiberner dans ma roulotte.

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